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Le pétrole ouvre en baisse à New York, fragilisé par les craintes sur la Chine

13/03/2014 09:42 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Les cours du pétrole poursuivaient leur recul à l'ouverture jeudi à New York, des données peu encourageantes en provenance de Chine et la forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis occultant des indicateurs positifs sur l'économie américaine.

Vers 13H20 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril, qui a déjà chuté de plus de trois dollars au cours des deux séances précédentes, baissait de 15 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) et s'échangeait à 97,84 dollars.

"Les prix tentent de se stabiliser après la chute observée ces deux derniers jours", remarquait John Kilduff d'Again Capital. Ils sont aidés en cela "par des données américaines correctes, qu'il s'agisse de la baisse des inscriptions hebdomadaires au chômage", à leur plus bas niveau en trois mois, ou "des chiffres sur les ventes au détail un peu meilleurs qu'attendu", ajoutait-il.

Reflet de la consommation des ménages américains, les ventes au détail aux Etats-Unis ont rebondi de façon plus importante que prévu en février, augmentant de 0,3% par rapport à janvier et revenant en territoire positif après deux mois de recul.

Ces deux données sont un signal encourageant pour les perspectives de demande énergétique aux Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir.

Mais les acteurs du marché s'inquiètent parallèlement du ralentissement de l'économie chinoise, un des moteurs de la croissance mondiale, après la diffusion de plusieurs statistiques en demi-teinte.

La production industrielle chinoise en janvier et février a en effet progressé de seulement 8,6% par rapport à la même période de 2013, son rythme le plus faible depuis 5 ans.

Les ventes de détail ont de leur côté grimpé de 11,8% en janvier-février par rapport à la même période de l'an dernier --chiffre lui aussi très inférieur aux prévisions des analystes (+13,5%), et le plus faible depuis trois ans.

Les investisseurs continuent par ailleurs à digérer la très forte hausse des stocks de pétrole brut la semaine dernière aux Etats-Unis, qui ont gonflé de 6,2 millions de barils, à 370,0 millions, soit bien plus que la hausse de 2 millions de barils attendue par les analystes.

Le marché continuait par ailleurs à surveiller la situation en Ukraine.

Kiev s'est dotée jeudi d'une Garde nationale pour renforcer sa défense face à la Russie à trois jours du référendum prévu dimanche en Crimée sur le rattachement de la péninsule ukrainienne à Moscou.

Sur le front diplomatique, les Occidentaux jettent leurs dernières forces pour tenter d'infléchir la position du maître du Kremlin, Vladimir Poutine.

Plusieurs analystes soulignaient que l'annonce par les Etats-Unis mercredi de la libération de 5 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques de pétrole n'était sans doute pas une coïncidence.

Même si l'administration américaine a invoqué la nécessité de tester la fiabilité d'un système chamboulé par les nombreuses évolutions des infrastructures énergétiques du pays, "c'est certainement une utilisation politique de ces réserves stratégiques, au cas où une dégradation de la situation entre l'Ukraine et la Russie devait provoquer des remous sur le marché mondial" du pétrole, estimait ainsi John Kilduff.

jum/lo/rap

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