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Le pape François demande sur Twitter de «prier pour lui»

13/03/2014 07:09 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT
Peter Macdiarmid via Getty Images
VATICAN CITY, VATICAN - FEBRUARY 20: A Swiss Guard salutes as Pope Francis arrives for an Extraordinary Consistory on February 20, 2014 in Vatican City, Vatican. Pope Francis will create 19 new cardinals in a ceremony on February 22, 2014. (Photo by Peter Macdiarmid/Getty Images)

"Priez pour moi" : François a demandé jeudi sur Twitter aux catholiques de l'aider par la prière, après un an de pontificat couvert d'éloges, malgré quelques voix qui s'élèvent pour déplorer sa discrétion sur les sujets qui fâchent comme la pédophilie.

Déjà, le 17 mars 2013, le premier tweet du premier pape argentin de l'Histoire avait demandé aux fidèles de prier pour lui dans sa lourde tâche de chef d'une Eglise d'1,2 milliard de baptisés.

En retraite spirituelle, François a passé ce premier anniversaire dans la campagne romaine, avec les cardinaux de Curie, loin des crispations que suscitent ses réformes au Vatican.

"Le pape n'a rien voulu faire de différent des autres jours. C'est tout à fait dans son style d'être sobre et de mettre l'accent sur la prière", a expliqué à l'AFP son porte-parole, le père Federico Lombardi.

Des photos l'ont montré assis sur un banc dans une modeste chapelle, vêtu de blanc, au milieu des prélats en tenue noire très sobre.

A Rome, dans une chapelle médiévale à cent mètres du Vatican, des "papa-boys", qui font la promotion des papes depuis Jean Paul II, se relayent pour réciter le rosaire.

Avec 82 membres de la Curie, le pape avait rejoint en autocar dimanche une maison religieuse au sud-est de Rome. Ils y suivent les exercices spirituels, auxquels se soumet chaque année la Curie avant Pâques, mais qui ont lieu pour la première fois hors du Vatican.

Cet éloignement l'arrange peut-être. François a jugé "offensant" d'être qualifié de "superman" par les médias.

Jorge Mario Bergoglio, 77 ans, qui mène une vie dépouillée dans un trois-pièces de la résidence Sainte-Marthe au Vatican, et a renoncé à la mosette (petite cape) rouge de son prédécesseur, jouit d'une popularité inédite.

Plus de 12 millions de "followers" le suivent sur Twitter, et si l'on compte les retweets, il est plus lu que le président américain Barack Obama.

Aux Etats-Unis, il a fait, comme homme de l'année 2013, la couverture de Time, et des magazines people branchés Esquire et Rolling Stone. En Italie, un hebdomadaire a vu le jour, "Il mio papa" ("mon pape"), dans le style de Voici ou de Gala.

Selon un sondage effectué auprès de 2.171 personnes sur les sites des journaux catholiques Credere et Famiglia Cristiana, il est associé par 34,4% des sondés à la figure du curé bon enfant Don Camillo (ami du maire communiste Peppone dans les films de Julien Duvivier) et par 20,2% à Robin des bois, bandit qui prend aux riches pour donner aux pauvres.

La popularité de François et son image trompeuse de progressiste --en dépit de ses réaffirmations de la doctrine-- contrastent avec diverses crispations dans l'Eglise. Les réformes qu'il a lancées, avec les réductions de postes qu'elles impliquent, suscitent des inquiétudes. Tout comme son encouragement à des débats ouverts sur l'accès à la communion des divorcés remariés.

Andrea Tornielli, vaticaniste à La Stampa, a reconnu dans un entretien avec l'AFP qu'il y avait "des résistances" mais il "ne croit pas à des groupes constitués" contre lui.

Dans les milieux progressistes, François est vu positivement mais une déception est perceptible face à l'absence de tournants forts.

A Buenos Aires, Cesar Cigliutti, président de la Communauté homosexuelle argentine, a déploré "l'absence de changement" et "la poursuite d'attitudes discriminatoires" du Vatican vis à vis des gays.

Les associations d'anciennes victimes de prêtres pédophiles sont les plus sévères, regrettant que François "n'ait rien fait". "Il ignore la plus grosse crise de l'Eglise. Et ses récents propos pour minimiser la crise et détourner le blâme sont méprisables", a affirmé l'association américaine SNAP, l'appelant à démarquer "les évêques complices" des prêtres pédophiles.

Mais de son côté, le théologien brésilien de la libération Leonardo Boff, jadis sanctionné par le Vatican, a parié que ce pape, "franciscain par son ouverture et sa proximité avec le peuple, serait "le premier d'une grande dynastie de papes du Tiers-Monde". Il a salué sa "révolution d'humanité" et son "acceptation des différences".

Le vaticaniste et ancien correspondant à Rome du quotidien La Croix, Frédéric Mounier, auteur du livre "Le Printemps du Vatican", estime que François n'est pas "plus +progressiste+ que son prédécesseur" sur les questions de moeurs. Il met en garde contre "un marché médiatique qui peut adorer une icône puis l'oublier et finir par la lyncher".

jlv/mle/ros

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