NOUVELLES

La Syrie autorise la présence de plusieurs candidats à la présidentielle

13/03/2014 02:47 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Le Parlement syrien a approuvé à l'unanimité, jeudi, une nouvelle loi électorale permettant à plusieurs candidats de participer à l'élection présidentielle, ce qui ouvre la voie, du moins en théorie, à la présence d'autres candidats potentiels aux côtés du président Bachar el-Assad.

Le vote survient plus de quatre mois avant l'échéance officielle du mandat de sept ans du président El-Assad. Des responsables syriens ont précisé que l'élection présidentielle aurait lieu à la date prévue et Bachar el-Assad a laissé entendre qu'il se porterait de nouveau candidat, même s'il ne l'a pas confirmé officiellement.

L'élection présidentielle doit être organisée de 60 à 90 jours avant la fin du mandat du président, le 17 juillet.

La Syrie est dirigée par le parti Baas depuis le coup d'État de 1963. Lors des élections présidentielles organisées depuis, Bachar el-Assad et son père, le défunt Hafez el-Assad, étaient les seuls candidats.

Sous leur règne, les électeurs étaient appelés à voter «oui» ou «non» sur des bulletins de vote leur demandant s'ils soutenaient le candidat nommé à la présidence par le Parlement.

La nouvelle loi électorale adoptée jeudi précise que seules les personnes ayant vécu en Syrie pendant 10 années consécutives avant leur nomination peuvent être candidates à la présidence. Le texte précise aussi que les candidats doivent être nés de deux parents syriens et ne pas détenir une autre nationalité.

Le conflit en Syrie, qui entre dans sa quatrième année, a fait plus de 140 000 morts et quelque 2,5 millions de déplacés.

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a prévenu jeudi que si le gouvernement syrien allait de l'avant avec l'élection présidentielle, l'opposition refuserait probablement de participer à une nouvelle ronde de négociations de paix.

Après une rencontre à huis clos avec le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Brahimi a déclaré aux journalistes qu'il avait demandé aux membres du conseil leur aide pour s'assurer que s'il devait y avoir une troisième ronde de pourparlers à Genève, «elle soit un peu plus productive que la deuxième».

M. Brahimi a indiqué qu'il avait dit au Conseil que «s'il y a une élection, mon soupçon est que l'opposition, toutes les oppositions, ne seront probablement pas intéressées à discuter avec le gouvernement».

Un diplomate du Conseil de sécurité a déclaré, sous le couvert de l'anonymat, que M. Brahimi avait utilisé des termes encore plus forts durant la réunion, en affirmant que l'organisation d'une élection présidentielle en Syrie «claquerait la porte» de toute négociation dans un avenir proche.

PLUS:pc