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Jour 9: Les entrepreneurs se font courtiser par Marois et Couillard

13/03/2014 12:28 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Les entrepreneurs ont fait l'objet d'une cour assidue de la part de la chef péquiste Pauline Marois et du chef libéral Philippe Couillard, jeudi, en ce neuvième jour de campagne électorale.

De passage à Lévis en compagnie de son candidat-vedette Pierre Karl Péladeau, Mme Marois voulait recentrer le débat électoral sur l'économie, après des jours passés à répondre à des questions reliées à l'éthique ou à son projet souverainiste.

«Nous sommes en campagne électorale. On n'est pas en campagne sur l'avenir du Québec», a tenu à rappeler Mme Marois, qui passait la journée sur la rive-sud de Québec, une région qui n'est pas acquise au PQ.

«Aujourd'hui, nous parlons d'économie, nous parlons d'entrepreneurship», a renchéri M. Péladeau.

S'il est réélu, le PQ s'engage à mieux soutenir la création d'entreprises, notamment par une nouvelle politique d'entrepreneuriat. Il revient aussi à la charge avec son projet de guichet unique, grâce à la création d'une Banque de développement économique, et celui de mener à bien son programme de «gazelles», sous forme d'une aide spécifique à 300 PME.

La journée de Mme Marois avait mal commencé, car elle a dû se départir d'un de ses candidats, Jean Carrière, dans Lafontaine, une forteresse libérale. M. Carrière a retiré sa candidature quand on a appris qu'apparaissait sur sa page Facebook une photo prônant un message islamophobe sans équivoque: «Fuck Islam».

Du côté libéral, le soutien aux PME passerait plutôt par un train de mesures totalisant l'injection de 160 millions $ de fonds publics: exemptions d'impôt lors du transfert d'entreprises et de fermes, prêts et subventions pour encourager l'innovation, crédits d'impôt à l'exportation.

Même si Mme Marois ne tient pas à parler de souveraineté durant la campagne, le chef libéral a laissé les questions économiques de côté pour l'attaquer une fois de plus sur ce terrain, en suggérant à la chef péquiste de s'inspirer du modèle écossais, un «exemple de clarté», en cas de référendum.

L'Écosse tiendra en septembre un référendum sur l'indépendance avec une question toute simple, «L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant?», convenue avec le gouvernement central britannique.

M. Couillard a ridiculisé la position de Mme Marois, estimant qu'elle improvisait lorsqu'elle abordait ces questions: «Ce n'est pas sérieux, c'est de l'amateurisme. Qu'est-ce qui arrive avec la séparation? Elle ne le sait pas elle-même!»

Il conteste l'affirmation de la chef péquiste selon laquelle, dans un Québec souverain, les Québécois pourraient avoir la double citoyenneté, québécoise et canadienne. Or, «tout arrangement entre les deux parties nécessite le consentement des deux parties», selon lui.

De son côté, fidèle à son engagement en faveur des contribuables, la Coalition avenir Québec est revenue à la charge en promettant d'abolir les agences de santé, sauf celle de Montréal. Ces organismes sont jugés inutiles et inefficaces.

Le chef de la CAQ, François Legault, a rappelé l'importance de diminuer la bureaucratie et d'éviter le gaspillage de fonds publics, en disant que l'abolition des agences n'entraînerait pas de pertes d'emplois.

Contrairement à Mme Marois, M. Legault a choisi de conserver dans son équipe un candidat qui l'a mis dans l'embarras. Le candidat de la CAQ dans Rimouski, Steven Fleurent, âgé de 21 ans, a affiché sur sa page Facebook des photos de lui d'un goût douteux, une d'elles le montrant souriant, assis nu sur une toilette, une autre exhibant son postérieur, pantalon et sous-vêtement baissés.

M. Legault a pris la chose à la légère, attribuant cette façon particulière de faire son entrée en politique et de se mettre en valeur sur le Web à «une erreur de jeunesse».

Dans un tout autre registre, Québec solidaire s'est intéressé à la distribution des fonds publics. Le parti voudrait revoir l'aide accordée aux entreprises pharmaceutiques, aux compagnies informatiques et aux firmes de génie-conseil, pour mieux financer les services à la population et améliorer les conditions de travail des employés de l’État.

«Actuellement, autant le gouvernement du Parti québécois que l'ancien gouvernement du Parti libéral ont la même obsession: le déficit zéro. Ils jouent tellement dans la colonne des dépenses, ce qui signifie des coupures», a expliqué le président de Québec solidaire, Andrés Fontecilla.

Un chef de parti fédéral a choisi de s'inviter dans la campagne électorale du Québec: le chef libéral Justin Trudeau. Ce dernier estime que «les Québécoises et les Québécois veulent une économie plus prospère, pas un troisième référendum».

Les leaders étudiants veulent eux aussi faire entendre leur voix. La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge, a rappelé que c'est en votant massivement que les jeunes seront écoutés par les décideurs.

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