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Öcalan bien traité en prison mais trop isolé (Conseil de l'Europe)

13/03/2014 11:15 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le chef rebelle kurde Abdullah Öcalan n'est pas maltraité dans sa prison d'Istanbul, mais il pourrait bénéficier de davantage de promenades à l'air libre et de contacts avec les autres détenus, selon des inspecteurs du Conseil de l'Europe qui lui ont rendu visite, et dont les conclusions ont été rendues publiques jeudi.

Les deux experts du Comité anti-torture (CPT) de l'organisation paneuropéenne, venus en janvier 2013 rencontrer M. Öcalan dans sa prison proche d'Istanbul, "n'ont reçu aucune allégation et n'ont trouvé aucune autre preuve de mauvais traitements des détenus par le personnel de la prison", écrivent-ils dans ce rapport.

"Au contraire, les détenus ont en général parlé favorablement de la manière dont ils ont été traités", selon le CPT, qui évoque des "conditions matérielles" de détention "d'un bon niveau".

Depuis son arrestation en 1999 jusqu'en 2009, Abdullah Öcalan, aujourd'hui âgé de 64 ans, était le seul détenu sur l'île-prison d'Imrali, au large d'Istanbul. Depuis 2009, cinq autres détenus l'y ont rejoint. Ce transfert "a eu, à n'en pas douter, un impact positif" sur la situation du leader kurde, mais à l'inverse les cinq autres détenus en ont pâti si l'on compare leur situation actuelle à leurs conditions de détention antérieures, selon le rapport.

En effet, les six prisonniers d'Imrali sont maintenus dans un relatif isolement les uns des autres, y compris dans la cour de promenade, une situation que "rien ne peut justifier", selon le Conseil de l'Europe.

Dans sa réponse annexée au rapport, le gouvernement turc fait valoir que les détenus d'Imrali, y compris M. Öcalan, sont autorisés à entretenir des contacts entre eux à raison de six heures par semaine.

Le CPT s'étonne par ailleurs qu'Abdullah Öcalan n'ait pas le droit de téléphoner à sa famille depuis sa prison, alors que les autres détenus ont droit à dix minutes de conversation toutes les deux semaines. Les autorités turques ont répondu que cette interdiction était justifiée dans le cas du leader kurde, car elle s'applique aux détenus qui "continuent à diriger des organisations armées illégales".

Les rapporteurs demandent également qu'Abdullah Öcalan soit autorisé à faire de l'exercice en plein air quatre heures par jour, comme les autres prisonniers, et non pas deux heures par jour comme constaté au moment de leur visite. Le gouvernement turc leur a répondu que c'était désormais le cas.

Enfin, le CPT juge "inacceptable" la sanction disciplinaire imposée en 2011 à Abdullah Öcalan, contraint selon lui de rester 240 jours sans interruption confiné dans sa cellule, alors qu'une telle sanction ne doit pas excéder 14 jours. Le gouvernement a répondu que cette accusation "ne correspondait pas à la vérité".

ab/mct/ros

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