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Transport ferroviaire: la Coalition pour la sécurité fera preuve de tenacité pour apporter des changements

12/03/2014 04:01 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT
PC

WASHINGTON - Tout en dressant un bilan positif de leur passage à Washington, les leaders de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire ont admis craindre que la lenteur des processus gouvernementaux retarde la mise en place de changements urgents.

Dans un communiqué de presse, les responsables de la Coalition disent être repartis de Washington avec un mandat renforcé qui permet de conclure que la volonté d'harmoniser les règles de sécurité du transport ferroviaire oblige maintenant les gouvernements à collaborer de très près.

«Notre mission à Washington démontre que la solidarité municipale transfrontalière est nécessaire pour assurer la sécurité des communautés traversées par une voie ferrée. Les membres de la Coalition seront tenaces et martèleront leurs demandes jusqu'à ce qu'une modification profonde de la législation en matière de transport ferroviaire soit effectuée», a insisté la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, qui codirigeait la coalition.

De son côté, Vicky May Hamm, mairesse de Magog et porte-parole de la Coalition, a affirmé que les coûts faramineux liés au rétablissement après une tragédie comme celle de Lac-Mégantic, en juillet dernier, justifient amplement des investissements en prévention.

«La volonté de revoir le cadre législatif est tangible, mais nous demeurons perplexes devant l'hésitation des gouvernements à obliger les entreprises à investir en sécurité, a-t-elle cependant noté. (...) Les gouvernements doivent imposer aux industries un cadre strict pour limiter les risques.»

Aux côtés d'autres maires et mairesses, Mme Roy-Laroche a livré une présentation empreinte d'émotion, mardi au Capitole, pressant des politiciens américains à adopter des réformes sur la sécurité du transport par train dans le but de d'éviter d'autres tragédies comme celle qui a secoué sa municipalité.

Mais contrairement à ce que plusieurs espéraient, aucun membre du Congrès n'a assisté à l'événement. Il y aura finalement eu devant eux un groupe d'environ huit employés du Congrès, plutôt jeunes, incluant un employé du bureau d'un représentant démocrate du Maine, Mike Michaud, qui organisait l'événement. Ils ont pris des notes et posé quelques questions.

Ils ont entendu le récit du drame ayant causé la mort de 47 personnes l'été dernier, mais aussi celui du fardeau financier: un dixième des résidants ont été temporairement sans emploi, cinquante édifices ont été brûlés, des secteurs clés ont été fermés, et les coûts de nettoyage et de reconstruction sont astronomiques.

Les membres de la Coalition, qui incluaient des intervenants d'autres régions de l'est du pays et des États-Unis, ont aussi rencontré, lundi, le secrétaire au transport de l'administration Obama, Anthony Foxx, et l'administrateur des Chemins de fer nationaux, Joseph Szabo, en plus de s'entretenir avec l'ambassadeur canadien Gary Doer.

«J'ai réalisé avec satisfaction que toutes les personnes rencontrées étaient au courant et connaissaient assez bien l'ampleur de la tragédie. (...) Il n'en demeure pas moins que nous réitérons notre demande, soit d'agir et de réviser rapidement la réglementation», a exprimé Mme Roy-Laroche.

D'ici les prochaines semaines, les membres de la Coalition municipale transfrontalière ont convenu d'organiser un événement conjoint où les représentants des industries pétrolière et ferroviaire seraient conviés afin de renforcer le dialogue entre les municipalités et les entreprises.

Parallèlement, les membres de la Coalition rencontreront leurs collègues canadiens pour témoigner de leur expérience à Washington et poursuivront leurs actions afin que les gouvernements locaux soient partie prenante du processus entourant l'harmonisation des règles de sécurité entre le Canada et les États-Unis.

«Jusqu'à présent, le dialogue entre les municipalités et la ministre fédérale des Transports Lisa Raitt est constructif, mais nous nous devons d'accélérer la démarche tout en nous assurant que nos deux pays avancent au même rythme», a indiqué Roger Doiron, président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick et maire de Richibucto.