POLITIQUE

De Péladeau à Khomeini: Khadir nuance ses propos

12/03/2014 09:00 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT
CP

Sans s'excuser directement, le candidat de Québec solidaire dans Mercier, Amir Khadir, a apporté mercredi des nuances à des propos tenus la veille, où il faisait un rapprochement entre la venue de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois et l'arrivée au pouvoir en Iran de l'ayatollah Khomeini à l'issue de la révolution iranienne de 1979.

« Que l'on soit clair : Monsieur Péladeau est un démocrate qui respecte les libertés individuelles », a déclaré M. Khadir dans un communiqué. Le candidat a toutefois maintenu son argumentaire déplorant un virage à droite du PQ, évoquant indirectement les conflits de travail survenus alors que M. Péladeau était à la tête de Québecor.

« Nous sommes convaincus qu'il n'est ni opportun ni nécessaire au Québec de confier à la droite la direction du mouvement souverainiste. L'expérience passée avec M. [Lucien] Bouchard l'a déjà amplement démontrée. Pour faire un pays, où les droits des travailleurs ne seront pas ignorés, les progressistes doivent conserver leur prépondérance à la direction du mouvement souverainiste. L'équilibre au PQ penche désormais vers la droite. C'est déplorable », a ajouté le candidat dans Mercier.

Plus tôt, le PQ avait réclamé des excuses publiques d'Amir Khadir, qualifiant ses paroles d'« incendiaires, mensongères et irresponsables ». Les péquistes demandaient également à la co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David de se dissocier des propos de son collègue.

À l'émission Le 15-18 mardi, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, Amir Khadir a fait une analogie pour dénoncer le risque, à ses yeux, d'accepter le candidat-vedette associé à la droite économique au sein d'un parti traditionnellement social-démocrate.

M. Khadir a rappelé que lors de la révolution iranienne, la gauche et la droite ont cru en Khomeini, mais les résultats de ce rapprochement ont été désastreux. Ainsi, la fin ne justifie pas les moyens : si on applique cette logique au PQ, la cause souverainiste ne justifie pas que le parti s'allie à des gens comme Pierre Karl Péladeau, selon lui.

« Vouloir faire une alliance oui, mais avec l'hégémonie de la gauche, les progressistes, comme l'a fait René Lévesque », proposait M. Khadir comme solution de rechange.

« Je dis simplement, il y a des dangers là-dedans. Si PKP est pour l'indépendance, quel besoin y a-t-il de le mettre au pouvoir? » se demandait-il.

Or, le PQ jugeait l'analogie déplacée, puisque la révolution iranienne s'est conclue par l'établissement d'une dictature où les libertés individuelles étaient bafouées.

Plus tard, questionné par Radio-Canada, le candidat de QS avait tenu à préciser sa pensée et mettre en contexte ses propos.

« L'analogie sert simplement à comprendre que pour n'importe quel objectif, aussi noble soit-il, on ne peut prendre n'importe quel moyen. Et je ne peux pas accepter que des Québécois progressistes, qui se disent pour la justice sociale, pour l'équité fiscale, pour la défense des travailleurs, puissent accepter de donner les clés de l'État québécois entre les mains de Pierre Karl Péladeau ».

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