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Malgré des fermetures, le secteur de la transformation alimentaire reste solide

12/03/2014 01:44 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

TORONTO - Malgré les fermetures de plusieurs importantes usines au cours des derniers mois, l'industrie de la transformation alimentaire au Canada devient de plus en plus compétitive, et ces efforts pourraient résulter en de nouveaux emplois, croient des chercheurs.

Selon des représentants de la Ivey Business School de l'université Western, en Ontario, leur étude a permis de constater que la non-compétitivité est la raison qui a été le plus souvent invoquée pour expliquer ces fermetures. Dans bien des cas, ajoute l'étude, la production avait été délocalisée vers une autre usine.

Mais lorsque de nouvelles usines ouvrent, elles sont souvent plus grandes et incorporent une nouvelle technologie qui permet de réduire les coûts de production, souligne aussi l'étude.

De récentes fermetures d'usines de transformation alimentaire en Ontario, comme celle de Kellogg à London, et la menace de fermeture qui a plané sur l'usine de la société Heinz à Leamington, avant qu'elle ne soit sauvée par une entente de dernière minute, soulèvent des inquiétudes dans une province qui a vu ses industries liées à l'automobile et à l'acier fortement meurtries par la récession.

Bien que le secteur automobile ait connu un regain de vie, une série de fermetures, incluant Smucker's et Lance Canada, ont mené plusieurs observateurs à se questionner sur l'avenir de la transformation alimentaire en Ontario.

Mais l'étude de l'Université Western, dont David Sparling est l'un des coauteurs, fait remarquer qu'entre 2008 et 2014, les 105 fermetures dans la province ont été amorties par autant d'ouvertures et d'investissements. Cela signifie que bien que les fermetures d'usine aient mené à des pertes d'emplois, l'industrie dans son ensemble n'a pas connu un déclin net de l'emploi.

L'industrie de la transformation alimentaire, comme d'autres entreprises du secteur manufacturier au Canada, a été durement touchée par la récession, la valeur élevée du dollar canadien, la hausse de la concurrence venant de l'étranger et l'augmentation des coûts des intrants.

Mais elle a aussi été perturbée par un marché du détail de plus en plus compétitif pour les épiceries, dont «les marges bénéficiaires sont de plus en plus minces, et qui ne vont tout simplement pas aussi bien que par le passé», a déclaré M. Sparling.

L'étude, intitulée «The Changing Face of Food Manufacturing in Canada: An Analysis of Plant Closings, Openings and Investments», révèle que 143 fermetures d'usines ont été annoncées entre 2006 et 2014 au pays, menant à près de 24 000 pertes d'emplois, selon des estimations.

L'industrie a fait face à une période particulièrement difficile en 2007 et 2008, période durant laquelle les 48 fermetures ont dominé les 27 ouvertures et investissements. L'Ontario a été la province la plus durement touchée, tandis que le Québec a mieux réussi que les autres à parvenir à un équilibre entre ouvertures/investissements et fermetures.

Mais les revenus ont continué d'augmenter durant cette période et la situation en matière d'emplois s'est améliorée plus rapidement que dans d'autres secteurs.

Les fermetures ont aussi été amoindries par des investissements de la part de sociétés canadiennes et étrangères, les entreprises canadiennes procédant à des investissements légèrement supérieurs, et avec une majorité de l'activité provenant de firmes de plus petite taille.

«Le portrait global est celui d'une industrie qui a vécu des moments difficiles au milieu des années 2000 mais qui, lors des dernières années, s'est mieux comportée malgré des défis constants, note le rapport. «Il s'agit aussi d'une industrie qui est davantage prête à faire face à la concurrence qu'en 2006.»

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