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Les règles d'Ottawa constitueraient la vraie menace pour le marché immobilier

12/03/2014 11:49 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Pendant que le vigoureux marché canadien de l'habitation tente d'apaiser les craintes quant à un éventuel écroulement des prix des maisons, un nouveau rapport fait valoir que la plus grande menace pour l'évaluation des demeures réside dans les modifications aux règles hypothécaires mises en place par le gouvernement fédéral.

L'étude de l'économiste Will Dunning, qui dirige une firme de recherche torontoise sur le marché immobilier, estime que les Canadiens se sont montrés prudents dans leurs investissements immobiliers et que le marché pourrait absorber une hausse des prix des maisons ou une augmentation d'un point de pourcentage des taux d'intérêt.

Plutôt que d'être trop élevés, M. Dunning juge que les prix des habitations du Canada sont justes et qu'ils pourraient même être en deçà de leur valeur réelle.

Cette étude a été publiée mercredi alors qu'étaient dévoilées de nouvelles données sur les prix des maisons au pays. L'indice composé Teranet-Banque Nationale a ainsi touché un nouveau sommet, faisant état d'une hausse de 0,3 pour cent des prix des maisons en février.

La Banque du Canada et le gouvernement fédéral ont tous deux fait des mises en garde contre une surchauffe du marché immobilier, affirmant que certains acheteurs pourraient se retrouver dans une situation précaire si les taux d'intérêt devaient se mettre à grimper.

L'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) a aussi pointé du doigt le Canada pour son marché immobilier, qu'il considère comme un des plus surévalués au monde.

Mais M. Dunning estime que l'OCDE a erré en comparant les coûts de la propriété d'une habitation et ceux de la location d'un logement.

Selon l'économiste, la principale menace pour le marché immobilier émane plutôt du gouvernement fédéral, qui est intervenu à quatre reprises ces dernières années pour atténuer les risques encourus par certains acheteurs en modifiant les règles régissant les emprunts hypothécaires.

Les plus récentes modifications mises en place en juillet 2012 pour ralentir le marché ont eu un impact équivalent à une augmentation d'un point de pourcentage des taux hypothécaires et ont réussi à réduire la demande.

C'est cela, bien plus que la surévaluation, qui menace de faire reculer les prix des maisons, juge M. Dunning.

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