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La CSN demande au PQ de s'engager à moderniser le Code du travail

12/03/2014 12:13 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La candidature de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau continue de susciter la controverse.

À l'ouverture du conseil confédéral de la CSN, mercredi matin à Montréal, le président de la centrale, Jacques Létourneau, a qualifié de troublant le fait que le Parti québécois ait retiré de son programme l'engagement de moderniser le Code du travail avant de recruter Pierre Karl Péladeau comme candidat dans la circonscription de Saint-Jérôme.

«C'est assez incroyable: le Parti québécois de Mme Marois aux dernières élections avaient un engagement sur cette question et, comme par magie, avec l'arrivée de la candidature de M. Péladeau, cette proposition disparaît de la plate-forme du Parti québécois», a-t-il lancé en conférence de presse.

«Ce qu'il y a de troublant, c'est qu'ils peuvent bien prétendre que l'arrivée de M. Péladeau n'est pas en lien avec cette réalité. Si c'est le cas, qu'ils réintroduisent dans leur plate-forme cette disposition-là de leur programme», a-t-il ajouté, indiquant qu'il attendait un engagement «clair et ferme» de la chef Pauline Marois à ce sujet.

«Si le Parti québécois refuse de le faire, on en tirera nos conclusions», a averti M. Létourneau.

Il rappelle que tous les partis, incluant le PQ, s'étaient engagés à moderniser le Code du travail et plus particulièrement les dispositions antibriseurs de grève justement après que l'entreprise de M. Péladeau, Québecor, eut réussi à contourner ces dispositions afin de continuer à publier le Journal de Montréal durant un long lock-out.

Bien que le président de la CSN estime que M. Péladeau ait parfaitement le droit de se lancer en politique, il s'interroge sur ce que sa présence au sein du Parti québécois indique sur la philosophie réelle de ce parti.

«On ne peut pas présumer, concernant M. Pierre Karl Péladeau, quel sera son comportement si jamais il est élu ou si jamais il devient ministre, mais disons que l'historique des relations de travail difficiles dans les entreprises de Québecor avec des syndicats de la CSN nous laisse présager qu'il n'a pas nécessairement la même conception des relations de travail que nous», a-t-il laissé tomber.

Par ailleurs, M. Létourneau refuse de blâmer les anciens présidents de la centrale, Gérald Larose et Marc Laviolette, pour leur appui à la candidature de Pierre Karl Péladeau, estimant qu'ils en ont parfaitement le droit à titre de citoyens, mais il n'en prend pas moins ses distances.

«La CSN ne peut pas se prononcer publiquement sur des prises de position d'anciens présidents. Ça leur appartient, c'est leur 'business' à eux, mais maintenant, les positions de la CSN sur Pierre Karl Péladeau ou l'ensemble des élections, c'est la CSN qui va les prendre», a-t-il dit.

La CSN ne recommandera pas à ses membres d'appuyer une formation ou l'autre en marge du scrutin mais les invitera plutôt à talonner tous les candidats relativement aux préoccupations de la centrale. La campagne électorale doit d'ailleurs être au coeur des débats du conseil confédéral.

Enfin, à l'approche de l'ouverture des négociations dans le secteur public, M. Létourneau promet que la centrale défendra la nécessité d'investir davantage dans les services publics et l'amélioration des conditions des employés de l'État, quel que soit le gouvernement élu.

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