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Jour 8: Le PQ veut contrôler la dette, le PLQ lutter contre l'intimidation

12/03/2014 12:08 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Deux fléaux n'ayant aucun rapport entre eux ont retenu l'attention des chefs, en ce huitième jour de campagne électorale: l'explosion de la dette, du côté péquiste, et l'intimidation, du côté libéral.

Si elle est réélue, la chef péquiste Pauline Marois, qui était de passage à Québec mercredi, s'engage à s'attaquer à l'énorme dette collective du Québec. L'objectif du PQ consiste à faire passer le poids de la dette brute sous la barre des 50 pour cent du PIB d'ici 2018-2019.

La dette brute représentait 53,6 pour cent du PIB en 2013. Dans son dernier budget, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, avait déjà annoncé son intention de ramener le poids de la dette brute à 48,8 pour cent du PIB en 2019.

Actuellement, la dette brute du Québec atteint 198 milliards $ et devrait grimper à 212 milliards $ en 2019, selon les plus récentes estimations du ministère des Finances.

Au cours du prochain mandat, Mme Marois dit vouloir inverser la tendance actuelle, c'est-à-dire faire en sorte que le poids de la dette diminue, à la fois par rapport au PIB et en chiffres absolus. Elle croit pouvoir y arriver en réservant 10 milliards $ au remboursement de la dette.

Si le Québec devient indépendant un jour, la chef péquiste a dit qu'elle souhaitait conserver pour devise le dollar canadien et disposer d'un siège à la Banque du Canada.

«C'est évident qu'on pourrait souhaiter avoir un siège à la Banque du Canada. Mais nous acceptons que ce soit la politique monétaire canadienne qui s'applique à ce moment-là», a-t-elle dit.

Par ailleurs, la candidature controversée du magnat de la presse Pierre Karl Péladeau au Parti québécois a continué d'accompagner la campagne de la chef péquiste, qui s'est montrée ouverte à l'idée de restructurer éventuellement le capital du conglomérat Québecor, une idée lancée par l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées, pour éviter que le grand patron de l'entreprise, M. Péladeau, se place dans une situation de conflits d'intérêts. Elle a réaffirmé que son candidat se conformerait au code d'éthique de l'Assemblée nationale.

Le chef libéral Philippe Couillard a mis son grain de sel pour dire qu'il n'était pas du tout «mécontent du fait que M. Péladeau, en passant, éclipse largement celle qui est actuellement chef du Parti québécois».

Pendant ce temps, à l'ouverture du conseil confédéral de la CSN, à Montréal, le président Jacques Létourneau a qualifié de troublant le fait que la modernisation du Code du travail ait disparu du programme du PQ, au moment où M. Péladeau devient candidat péquiste.

Québecor avait réussi à contourner les dispositions du code durant les lock-out décrétés au Journal de Montréal et au Journal de Québec, et avait pu ainsi continuer à publier les journaux malgré les conflits en cours.

C'est plutôt la lutte à l'intimidation et à la cyberintimidation qui intéressait le chef libéral Philippe Couillard, mercredi. À Montréal-Nord, dans une école de combats extrêmes, il s'est engagé à présider un grand forum sur cet enjeu, qu'il ne faut banaliser, a-t-il dit.

Un gouvernement libéral ferait des campagnes de sensibilisation contre l'intimidation et la cyberintimidation. Il formerait des policiers spécialisés en ce domaine et mettrait sur pied des programmes communautaires pour les jeunes reconnus coupables d'intimidation.

L'ancien gouvernement libéral avait déjà fait adopter en 2012 une loi visant à combattre l'intimidation à l'école, prévoyant que chaque école soit tenue de présenter un plan de lutte à l'intimidation et à la violence.

Le président de la Fondation Jasmin Roy, qui milite pour la lutte contre l'intimidation, a accueilli favorablement l'initiative libérale. «C'est une belle proposition parce que présentement il y a un manque d'uniformité dans le réseau» scolaire, a commenté en entrevue téléphonique M. Roy, qui mise sur cette consultation pour élaborer un meilleur «plan d'action global».

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, était à Québec pour présenter ses engagements régionaux. Il a rejeté l'idée de financer quelques projets chers au maire de Québec, Régis Labeaume, dont la construction d'un anneau de glace couvert.

Sur la question des régimes de retraite, une autre priorité du maire Labeaume, M. Legault suggère de laisser aux deux parties un maximum d'un an pour s'entendre. Sans accord possible, ce sera aux municipalités de trancher.

Mercredi, la dernière activité publique à l'horaire de M. Legault avait lieu sur l'heure du midi, à Cap-Rouge, en banlieue de Québec, une région qui est l'un des rares bastions de la CAQ, où elle a cinq députés.

En après-midi, la caravane caquiste se dirigeait vers Montréal, où la CAQ n'a toujours pas réussi à faire la moindre percée. Jeudi, M. Legault participera à l'émission «Tout le monde en parle», qui sera diffusée dimanche à Radio-Canada.

Depuis le début de la campagne il n'y a encore eu aucun grand rassemblement de militants caquistes.

Par ailleurs, le Directeur général des élections du Québec (DGÉ) a rejeté la plainte déposée lundi par la CAQ qui prétendait que le documentaire «La Première» au sujet de Pauline Marois, présenté gratuitement depuis près de six mois sur la chaîne Illico, représentait une dépense aux fins de la loi électorale.

Le porte-parole du DGÉ, Denis Dion a expliqué que l'organisme devait agir par analogie lorsqu'il se retrouve devant un cas qui ne s'applique pas à une section spécifique de la loi électorale, vieille de 30 ans, Le documentaire d'Yves Desgagnés a été comparé à un livre qui aurait été publié avant le déclenchement de la campagne électorale, et dont les conditions de distribution n'auraient pas changé après le dépôt du décret électoral.

Peu de temps après le verdict, M. Legault, a fait savoir qu'il acceptait la décision et qu'il ne la contestera pas. Mais il maintient sa position.

Absent depuis le début de la campagne, l'enjeu de l'environnement s'est invité dans le débat par la voix de Québec solidaire, qui a accusé le gouvernement péquiste d'avoir renoncé au protocole de Kyoto et d'être devenu l'allié des pétrolières.

«Le virage pétrolier du PQ nous amène droit dans le mur», a plaidé la coporte-parole du parti, Françoise David, qui prévoit dévoiler son plan vert, la semaine prochaine.

Des débats à TVA

Les quatre principaux chefs de parti dans la présente campagne électorale au Québec s'affronteront dans le cadre de débats diffusés à TVA, le 27 mars, une semaine après celui présenté par Radio-Canada et Télé-Québec.

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, sera de la partie, bien que sa formation politique ait signifié avant la campagne électorale ne vouloir qu'un seul débat.

La chef de Québec solidaire, Françoise David, y prendra part cette fois, alors qu'elle n'avait pas été invitée par le Groupe TVA lors de la précédente campagne électorale au Québec.

Elles se mesureront à leurs homologues masculins, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, et le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Ces débats sous forme de duels doivent permettre aux chefs de s'affronter sur trois grands thèmes: l'économie et les finances publiques, l'identité et la question nationale, les politiques sociales et la gouvernance.

Les débats seront animés par le chef d'antenne Pierre Bruneau, et seront diffusés de 20 h à 22 h sur les ondes de TVA, LCN et Argent.

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