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France: Sarkozy sur écoute depuis six mois, le gouvernement se défend de tout "espionnage"

12/03/2014 12:33 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Mis en cause par l'opposition de droite, le gouvernement socialiste français s'est défendu mercredi de tout "espionnage politique" alors que l'ancien président Nicolas Sarkozy a été placé sur écoute par la justice depuis septembre.

Deux téléphones utilisés par l'ancien président français ont été placés sur écoute depuis les 3 et 19 septembre 2013 dans l'enquête sur un financement libyen présumé de sa campagne en 2007, a annoncé mercredi à l'AFP le parquet national financier.

Les accusations de l'opposition surviennent à 10 jours d'élections municipales en France et alors que le premier parti de la droite française, l'UMP (Union pour un mouvement populaire), est touché par une avalanche de scandales, visant l'ancien chef d'Etat (2007-2012), ses proches et le président du parti, Jean-François Copé.

Or, depuis mardi, c'est au tour des socialistes d'être sur la défensive, après des déclarations contradictoires du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et de la ministre de la Justice Christiane Taubira. Pour la droite la ministre a "menti" lorsqu'elle a déclaré le 7 mars qu'elle avait découvert dans la presse l'existence d'écoutes de l'ancien président.

Mardi soir, M. Ayrault a expliqué avoir été averti, comme Mme Taubira, le 26 février de l'ouverture d'une information judiciaire et de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy, tout en assurant ne pas avoir eu connaissance du "contenu" des enregistrements.

Mercredi, le procureur général de Paris, François Falletti, a confirmé avoir informé la Chancellerie le 26 février de la mise sur écoutes, en précisant que "c'est la règle" dans ce type de dossier sensible.

La démission de la ministre est maintenant "inéluctable", a réagi mercredi le président de l'UMP, lui-même sur la sellette, accusé d'avoir favorisé des proches dans l'attribution de contrats par son parti.

"Non, je n'ai pas menti" et "je ne démissionnerai pas", a riposté la ministre de la Justice, évoquant un "malentendu", concédant qu'elle aurait pu être "plus précise".

Egalement visé par la droite, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a assuré n'avoir appris l'existence des écoutes qu'"à l'occasion des révélations du (quotidien Le) Monde," le 7 mars.

"Personne au gouvernement n'a eu accès au contenu de ces écoutes. C'est évidemment toujours le cas aujourd'hui", a-t-il également insisté, précisant que le président François Hollande, que la droite a sommé de s'expliquer, avait été informé, à sa connaissance, le 4 mars.

"Une affaire d'Etat"

Depuis la révélation par le journal Le Monde de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy, une première pour un ancien président, la droite, déjà fortement ébranlée par la révélation d'enregistrements clandestins réalisés à la présidence par un conseiller de M. Sarkozy, tente de reprendre pied. Elle a dénoncé tour à tour un complot, "une affaire d'Etat" et un "véritable espionnage politique".

Ces qualificatifs constituent "une des plus belles opérations d'enfumage politique et médiatique", a rétorqué mercredi le ministre socialiste des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies.

Le Premier ministre a confirmé dans la foulée Mme Taubira dans ses fonctions. "Elle a sa place au gouvernement. Ce qui n'a pas sa place, c'est la rumeur", a déclaré M. Ayrault.

La mise sur écoute de Nicolas Sarkozy a été réalisée dans le cadre d'une enquête lancée au printemps 2013 sur un financement présumé de sa campagne électorale de 2007 par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011.

Le téléphone de son avocat Me Thierry Herzog n'a pas été placé sur écoutes, a précisé le parquet financier. Mais une conversation avec de son client, interceptée par ricochet, a conduit à l'ouverture d'une information judiciaire pour "trafic d'influence" et "violation du secret de l'instruction". Selon une source proche du dossier, les deux hommes évoquaient la possibilité d'apprendre auprès d'un magistrat la future orientation de la Cour de Cassation sur le dossier des agendas de l'ex-président, saisis par la justice.

Mardi, au grand dam de Nicolas Sarkozy, la plus haute juridiction française a autorisé la justice à pouvoir continuer à les utiliser dans plusieurs enquêtes, qui compromettent un éventuel retour en politique de l'ex-président.

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