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Couillard se réjouit du fait que PKP éclipse sa chef Pauline Marois

12/03/2014 11:56 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Philippe Couillard se réjouit du fait que Pierre Karl Péladeau éclipse sa chef Pauline Marois.

Le chef libéral a ainsi réagi, mercredi, à des données suggérant que l'entrée en scène du baron de la presse a dominé largement le palmarès des médias dans les 24 heures suivant l'annonce de sa candidature péquiste dans Saint-Jérôme.

Selon les données recueillies par Influence Communications, le controversé homme d'affaires a obtenu 31,83 pour cent du poids médiatique, contre 27,46 pour cent pour Pauline Marois et 17,61 pour cent pour Philippe Couillard.

Cela fait l'affaire du chef libéral, qui voit d'un bon oeil le nouveau porte-étendard de l'indépendance supplanter sa propre chef, la première ministre sortante.

Cette éclipse confirme que l'enjeu des élections est claire, un référendum ou les «vraies affaires», martèle M. Couillard, puisque le magnat de la presse a tout de suite avoué qu'il sautait dans l'arène pour faire la souveraineté. Il a toutefois évité de parler de son propre effacement du paysage médiatique.

«Je ne suis pas mécontent du fait que M. Péladeau, en passant, éclipse largement celle qui est actuellement chef du Parti québécois», a-t-il déclaré dans une école de combat extrême de Montréal, où il faisait une annonce concernant la lutte à l'intimidation.

Selon lui, «la question reste ouverte sur l'effet net» de l'entrée en scène de Pierre Karl Péladeau dans la campagne.

Fait à noter, Philippe Couillard fait référence à son adversaire comme celle qui est «actuellement chef», comme si sa place pouvait être contestée, ou si ses jours pouvaient être comptés. M. Péladeau est-il devenu le vrai chef des troupes péquistes, ou attend-il son tour, a-t-on demandé au chef libéral.

«On voit que le monde se positionne, a-t-il laissé entendre. Mais je ne parle pas des affaires internes des autres partis.»

Par contre, il ne s'est pas gêné pour parler de «collision» et d'«éclatement des repères» au sein du PQ, un parti qui abandonne ses «valeurs traditionnelles», en faisant ainsi allusion à l'arrivée d'un homme d'affaires vu comme de droite dans une formation sociale-démocrate.

Le Parti québécois est ainsi prêt à tout pour faire l'indépendance, sans «beaucoup de scrupules», y compris «perdre ses repères et sa boussole», a dénoncé M. Couillard.

Il a aussi vertement critiqué la perspective de Pauline Marois sur un Québec souverain, qui n'aurait pas de frontières avec le Canada, où on pourrait circuler librement.

«Le PQ essaie toujours de nous amener dans un monde fantaisiste, un monde imaginaire, Alice au pays des merveilles, a-t-il répondu en anglais. Pas de frontières, pas de passeport, tout le monde sera ami. Bien sûr, dans un monde imaginaire, on n'a pas besoin de frontières.»

Mais avant d'y arriver, Philippe Couillard entend bien servir de rempart. Il a répondu affirmativement quand on lui a demandé s'il se sentait capable d'être un dirigeant du camp du Non. Il a dit se sentir «en droite ligne», dans la lignée de ses prédécesseurs du camp fédéraliste, en citant Robert Bourassa et Jean Charest. Cependant, il a écarté la tenue d'un référendum en assurant qu'un gouvernement libéral sera élu le 7 avril.

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