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10/03/2014 05:26 EDT | Actualisé 11/03/2014 08:52 EDT

Lev Tahor : une ado hospitalisée à Toronto serait manipulée par les dirigeants de la secte

PC

L'oncle d'une adolescente qui se trouve présentement à l'Hôpital pour enfants de Toronto estime que les dirigeants de la secte la manipulent pour l'inciter à se mettre en grève de la faim.

« Ils se servent d'elle comme d'une marionnette », dit-il en entrevue avec Radio-Canada. Ce dernier habite en Israel et tente de sortir sa soeur et ses enfants de la secte juive ultra-orthodoxe depuis maintenant trois ans ans.

L'ado de 15 ans a été admise à l'urgence vers 1 h, lundi. Elle est affaiblie par le jeûne qu'elle a entrepris pour protester contre le traitement réservé à la secte par les autorités canadiennes, selon une porte-parole du groupe.

Son oncle a une autre opinion.

« Ils [dirigeants de la secte] veulent jouer sur la fibre émotionnelle des Canadiens [...] Lev Tahor fait une tentative délibérée de manipuler les émotions des Canadiens [...] pas seulement les Canadiens eux-mêmes mais aussi les autorités. » — Oncle d'une membre de la secte Lev Tahor hospitalisée à Toronto

L'oncle en question a aussi confié à Radio-Canada qu'il avait averti les autorités des risques de fuite du groupe.

Six enfants de la secte, leurs parents et un autre adulte ont été rapatriés, samedi dernier, après s'être enfuis à Trinité-et-Tobago. Un juge doit statuer si les deux parents, des Israéliens, pourront rester au pays. Une autre membre de la famille, une fille-mère a été arrêtée à sa descente de l'avion, dimanche, à Calgary, et ramenée en Ontario avec son bébé.

Les autorités recherchent toujours six autres enfants de la secte et leurs parents qui se seraient réfugiés eux au Guatemala.

Ces deux familles ont fait fi d'une ordonnance de la cour leur interdisant de quitter la région de Chatham où elles habitaient dans le sud-ouest de l'Ontario. Les deux groupes, et des dizaines d'autres membres de la secte juive ultra-orthodoxe, avaient quitté leurs domiciles de Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec en pleine nuit, en novembre dernier, pour se réfugier à Chatham. À l'époque, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) voulait retirer aux deux couples de parents la garde de leurs 14 enfants.

La secte nie toute allégation de mauvais traitement.

Les autres enfants

Pour sa part, à la DPJ des Laurentides, on est « heureux du retour, au Canada, des six enfants interceptés le 3 mars dernier par les autorités de Trinité-et-Tobago ».

Mais le directeur de la DPJ, Denis Baraby, continue de s'inquiéter du sort des six autres enfants qui se trouveraient au Guatemala, et de celui de la centaine d'autres enfants de la secte à Chatham.

« À ce titre, dit-il, nous continuons de suivre de près l'évolution de la situation et poursuivons notre collaboration avec les services d'aide à l'enfance de l'Ontario et les autorités concernées. »

La semaine dernière, M. Baraby a pressé les autorités ontariennes de saisir les passeports de tous les membres de la secte, pour éviter une autre fuite collective.

Rapatriement légal?

Neuf membres de la secte Lev Tahor, dont six mineurs, ont été rapatriés samedi soir de Trinité-et-Tobago à bord d'un vol nolisé.

Ils se plaignent d'avoir été tabassés par les policiers locaux, menottés et ramenés au Canada contre leur gré, alors qu'ils avaient interjeté appel. Leur avocat trinidadais s'attendait d'ailleurs à ce que leur cause soit entendue cette semaine. Mais le Procureur général de Trinité-et-Tobago affirme que leur requête avait été déposée trop tard.

De son côté, l'Agence des services frontaliers du Canada indique que leur retour au pays était la responsabilité du transporteur qui les avait amenés dans les Antilles, soit WestJet.