POLITIQUE
10/03/2014 12:02 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014 - PKP se conformera aux consignes du commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale

Capture d'écran

SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE, Qc - Le candidat péquiste Pierre Karl Péladeau a dû atténuer ses propos, lundi, après avoir catégoriquement déclaré son intention de garder ses actions de Québecor même si un avis contraire lui était éventuellement formulé par le commissaire à l'éthique à l'Assemblée nationale.

M. Péladeau a rectifié le tir pour préciser qu'il se conformera aux consignes que pourra formuler le commissaire Jacques Saint-Laurent.

«Je vais respecter la loi, le code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale, et toutes les directives qui seront énoncées par le commissaire à l’éthique et à la déontologie», a-t-il dit.

M. Péladeau a diffusé un communiqué pour exprimer ces précisions, à la suite d'un point de presse où il avait répété qu'il demeurerait actionnaire majoritaire de Québecor malgré les craintes de conflit d'intérêts exprimées depuis l'annonce de sa candidature, dimanche, dans la circonscription de Saint-Jérôme.

L'homme d'affaires, qui s'est engagé à placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, avait exclu la vente de ses actions de Québecor même si M. Saint-Laurent l'exigeait.

«Je n'ai pas l'intention de vendre mes actions, a-t-il dit. Le mandataire qui va recevoir le mandat de gérer la fiducie va avoir des instructions claires nettes et précises, il n'est pas question de vendre Québecor. Moi je milite depuis les trois dernières années pour le maintien des sièges sociaux, comme président de la Fondation de l'entrepreneurship.»

Quelques minutes plus tôt, lors d'une conférence de presse où elle a présenté son équipe économique, la chef péquiste Pauline Marois avait pourtant affirmé que M. Péladeau devra se conformer aux exigences du commissaire.

«Tous les élus devront se conformer aux exigences posées par le commissaire à l'éthique», a-t-elle dit.

Par la suite, M. Péladeau a déclaré qu'il souhaite garder ses actions afin de garantir que le siège social du conglomérat, notamment propriétaire de médias, restera au Québec.

M. Péladeau avait clairement rejeté toute possibilité qu'il vende ses titres de Québecor, ajoutant que sa position ne changera pas peu importe les demandes de M. Saint-Laurent.

«Non, elle ne changera pas», a-t-il dit.

Selon le communiqué, M. Péladeau collabore déjà pleinement avec M. Saint-Laurent «afin de définir les dispositions nécessaires pour qu’il puisse participer à la vie démocratique, et ce, dans le respect des plus hauts standards d’éthique».

Lors d'un échange téléphonique avec les journalistes à bord de la caravane électorale péquiste, M. Saint-Laurent a expliqué qu'il se prononcera sur les risques de conflits d'intérêts associés aux actifs placés dans la fiducie de M. Péladeau lorsqu'il sera élu.

Si nécessaire, après étude de son dossier, le commissaire pourrait exiger que M. Péladeau se départisse de certains intérêts.

«Dans un contexte préventif, le commissaire va faire des commentaires et des recommandations au député ou au membre du conseil exécutif par rapport à des intérêts qui peuvent présenter des risques de conflits d'intérêts, a-t-il dit. Il va suggérer de prendre les mesures nécessaires pour corriger la situation.»

Dans le cas où l'élu ignore ses suggestions, le commissaire pourrait instituer une enquête. Dans le cas où il conclut à un manquement, le commissaire peut imposer des sanctions allant de la simple réprimande jusqu'à la perte du siège du député.

«Alors là c'est quand même une sanction extrêmement sévère qui doit être adoptée par l'Assemblée nationale, a dit M. Saint-Laurent. Le commissaire recommande et c'est l'Assemblée nationale qui décide.»

M. Péladeau a répété que les salles de nouvelles des médias de Québecor sont à l'abri de toute intervention, malgré des craintes exprimées par le chef libéral Philippe Couillard.

«La politique rédactionnelle est exécutée par les différentes directions des différentes salles», a-t-il dit.

Sur la rive-sud de Montréal, Mme Marois a présenté son candidat dans la circonscription de Montarville, Simon Prévost, qui a déjà exprimé des réserves face au projet de loi qui devrait modifier la loi 101, alors qu'il était président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).

Lors d'un point de presse, M. Prévost a répété qu'il se fera le porte-voix des entreprises qui craignent la lourdeur administrative des dispositions énoncées dans le projet de loi 14, qui n'a pu être adopté en raison du blocage de l'opposition.

«Globalement, le PQ a démontré son attachement à réduire le fardeau réglementaire et j'ai bon espoir que, s'il y a une nouvelle mouture du projet de loi qui est présentée, elle puisse aller dans le sens de protéger le français tout en tenant compte des préoccupations des entreprises», a-t-il dit.

Mme Marois a affirmé que le projet de loi 14 serait déposé à nouveau dans sa forme originale, si les péquistes obtiennent un nouveau mandat.

«Si nous pouvons désalourdir (sic) l'ensemble de la gestion de notre administration, y compris en matière de lois linguistiques, nous le ferons, mais jamais, jamais, nous ne renoncerons au fait que la langue officielle du Québec c'est le français», a-t-elle dit.

Dans une usine de Saint-Bruno-de-Montarville, Mme Marois a présenté son équipe économique, en promettant d'aller de l'avant avec son projet pour assurer le maintien des sièges sociaux au Québec.

Le PQ propose de doter les entreprises du pouvoir de contrer des prises de contrôle hostile, en munissant les actionnaires qui détiennent leurs titres depuis plus de deux ans d'un droit de vote supplémentaire.

MM. Péladeau et Prévost rejoignent dans l'équipe économique, qui compte sept personnes, des ministres dont Nicolas Marceau et Martine Ouellet.

«Nous avons réuni l'équipe économique la plus forte de toute l'histoire du Québec», a dit Mme Marois.

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