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10/03/2014 11:47 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Ligue des champions - L'Angleterre a peur du vide

L'Angleterre retient son souffle avant les 8e de finale retour de la Ligue des champions, de peur qu'une élimination prématurée de ses quatre ressortissants, comme en 2013, ne marque une tendance lourde.

"Je crois qu'on nous a lavé le cerveau avec l'idée que la Premier League est le meilleur championnat du monde", a déjà crié Roy Keane après l'infamante défaite de son ex-équipe de Manchester United chez l'Olympiakos (2-0). "C'est un non-sens !"

"C'est surtout la meilleure marque, a développé l'ex-grande gueule irlandaise devenu consultant vedette. On a vu ces dernières semaines que les équipes anglaises sont désormais derrière les meilleures en Europe".

En 15 jours, trois des quatre équipes engagées ont été vaincues 2-0, dont deux à domicile, et seule Chelsea, a réussi à inscrire un but (1-1 à Galatasaray).

C'est le même quatuor United-City-Arsenal-Chelsea qui représente le pays dans la compétition reine depuis trois saisons.

A leur décharge, City et Arsenal ont hérité cette saison en 8e des monstres Barcelone et Bayern. Et des exclusions sont rapidement venues modifier l'équilibre du match.

2014 marque pourtant paradoxalement une progression par rapport à 2013 puisque les quatre équipes sont cette fois-ci sorties par le haut des poules, cumulant seulement cinq défaites.

L'an passé, City, et surtout Chelsea, premier tenant à être éliminé aussi prématurément, n'avaient pas passé l'obstacle des groupes.

- "On paie le prix" -

"Je maintiens que la Premier League est le meilleur championnat au monde, le plus difficile. Peut-être que l'on paie un peu le prix pour cela", a analysé pour sa part Arsène Wenger, l'entraîneur d'Arsenal, avant de se risquer au jeu de quelques comparaisons.

"Ici, il n'y a pas la différence qu'il peut y avoir entre le Bayern et les autres clubs allemands. Derrière, il y a Dortmund, et après c'est le fossé. Chez nous, vous pouvez perdre à Cardiff. L'Espagne aussi a un bon championnat, mais cette saison, je crois que c'est l'Angleterre le plus difficile", a-t-il poursuivi.

Si cela n'a pas toujours été le cas, la Premier League est effectivement, au moins cette année, particulièrement serrée, et désormais cinq ou six équipes peuvent se glisser dans le traditionnel "Top4".

"Pour être honnête, je suis convaincu qu'un club anglais du milieu de tableau éliminerait neuf fois sur dix un club espagnol ou allemand du milieu de tableau parce que, en terme de profondeur, le championnat anglais est meilleur, assure ainsi Jeff Stelling, le commentateur vedette de Sky. Je suis ravi de voir un championnat excitant et serré comme jamais".

- L'erreur de casting Moyes -

Les situations particulières des représentants anglais en C1, dont trois d'entre eux ont changé d'entraîneur cette saison, sont également à prendre en considération.

Arsenal, le moins favorisé économiquement des quatre alors qu'il est le plus soucieux de cet aspect-là, attend ainsi un titre depuis 2005 et, de joueurs vendus en joueurs vendus, les 8e de finale sont son plafond de verre depuis 2011.

Avec le retour de Mourinho, Chelsea, qui a sublimé en 2012 la fin d'une génération vieillissante, est autant en reconstruction qu'en phase d'adaptation avec le fair play financier européen après des années à dépenser sans compter.

L'évolution prochaine de la législation a ainsi transformé les clubs anglais. Autrefois exclusivement acheteurs, ceux-ci sont désormais également vendeurs. Après les départs de Fabregas, Ronaldo, Tevez ou Balottelli, il y a forcément un prix à payer pour des effectifs allégés.

Sans passé continental, City essaie lui de combler le plus vite possible son retard d'expérience avec la meilleure volonté du monde, mais ne peut pas aller plus vite que la musique.

Enfin, l'arrivée du néophyte David Moyes à la tête d'un United en perdition a montré à quel point son prédécesseur légendaire, Sir Alex Ferguson, personnifiait le club en dépit de tous les joueurs brillants qui ont construit pierre après pierre un palmarès impressionnant.

Et si l'ex-besogneux manager écossais d'Everton peut réussir sur le long terme à redresser la situation, il a pour l'instant tout de l'erreur de casting.

cd/pgr/el

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