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10/03/2014 11:15 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Le Japon commémore les 3 ans du tsunami et de l'accident nucléaire de Fukushima

Trois ans déjà: ce mardi, les Japonais commémorent la triple tragédie du 11 mars 2011, un séisme, un tsunami et un accident nucléaire qui ont tué plus de 18.000 personnes le jour-même.

A 14H46 locales (05h46 GMT), heure précise du tremblement de terre de magnitude 9 survenu au large des côtes nord-est, une minute de silence devait être observée partout dans l'archipel, particulièrement dans les régions sinistrées du nord-est.

Plus de 18.000 personnes ont été emportées par la déferlante gigantesque qui s'est abattue le long du littoral ravageant les préfectures de Miyagi, Iwate et Fukushima, un nom qui est désormais pour beaucoup synonyme de désastre atomique.

Personne n'est certes décédé du fait des explosions d'hydrogène et radiations dégagées par le complexe atomique dans les heures et jours suivants, pourtant quelque 1.650 personnes sont décédées lors de l'évacuation ou à cause d'une brutale dégradation de leurs conditions de vie.

Trois ans se sont écoulés, mais à l'image de l'évolution dans le site nucléaire ravagé, sur le terrain, la reconstruction piétine et tous les corps des victimes n'ont pas été retrouvés, tant s'en faut.

Quelque 270.000 personnes n'ont encore pu regagner leurs maisons, détruites par le raz-de-marée ou rendues inhabitables par la radioactivité. Plus de 100.000, souvent âgées, vivent toujours dans des habitations provisoires préfabriquées où elles souffrent de la promiscuité.

Malgré les promesses répétées du gouvernement, beaucoup risquent de ne pas être relogées avant plusieurs années. Seulement 3,5% des maisons pérennes promises ont été construites dans les provinces d'Iwate et Miyagi.

"Je suis déterminé à accélérer la reconstruction", a déclaré le Premier ministre Shinzo Abe lundi au Parlement.

"La revitalisation du Japon ne se fera pas sans la remise sur pied des régions dévastées", a-t-il poursuivi.

Ces mots, les sinistrés les ont hélas déjà trop entendus et se désespèrent qu'ils ne soient pas traduits en acte.

Quant aux ex-habitants des environs de Fukushima, certains ne reviendront jamais dans leur maison parce qu'ils n'y seront pas autorisés ou ne veulent tout bonnement pas, à cause de la peur de contamination radioactive.

"C'est impossible de revenir. Avec cette centrale à côté... Le démantèlement va prendre encore des années et des années", se plaint Morihisa Kadoya, un ancien résident de Namie.

Certains vont même jusqu'à s'opposer à la levée de l'interdiction de séjour encore en vigueur dans la plupart des communes évacuées, car la fin de cette mesure peut aussi signifier l'arrêt des indemnités pécuniaires versées, qu'ils choisissent de rentrer ou non.

Selon une enquête de la chaîne publique NHK, 95% des Japonais se disent encore anxieux au sujet de la situation à la centrale accidentée Fukushima Daiichi et 80% pensent que le rôle de l'énergie nucléaire doit être réduit autant que possible.

Le gouvernement Abe est pour sa part décidé à remettre en service les réacteurs qui seront jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire, tout en promettant une augmentation de l'usage des énergies renouvelables aujourd'hui limité à quelques pourcents.

bur-kap/mf

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