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10/03/2014 12:50 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

La Russie dénonce l'anarchie qui régnerait dans l'est de l'Ukraine

KIEV, Ukraine - Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré lundi que son pays se sent pratiquement en état de guerre depuis que la Russie a pris le contrôle effectif de la Crimée à l'heure où Moscou accentue la pression exercée contre Kiev sous prétexte que les régions russophones de l'Ukraine étaient plongées dans l'anarchie.

Les forces russes ont pris le contrôle de la Crimée ces derniers jours dans ce qui constitue la plus grave crise géopolitique en Europe depuis la fin de Guerre froide.

Les électeurs de la région doivent se prononcer sur une éventuelle réunification avec la Russie lors d'un référendum, dimanche, un vote que les puissances occidentales ont déjà déclaré ne pas reconnaître. Les sentiments prorusses sont très forts dans l'est de l'Ukraine, et on craint que la Russie ne puisse être tentée de s'approprier également ce secteur.

«Nous devons admettre que notre vie est maintenant presque comme (...) une guerre, a-t-il déclaré en anglais. Nous devons affronter une agression que nous ne comprenons pas», a soutenu le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa, avant une rencontre avec ses homologues belge, néerlandais et luxembourgeois, ajoutant que l'Ukraine comptait sur l'appui de l'Occident.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, est attendu à Washington mercredi pour une rencontre avec le président Barack Obama.

Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté affirmé, dans un communiqué publié lundi, que l'anarchie «prévaut maintenant dans les régions occidentales de l'Ukraine en raison des actions des combattants (de droite) et ce, avec la pleine complicité» des nouvelles autorités de l'Ukraine.

Le document fait référence au groupe «Secteur de droite», qui regroupe plusieurs factions nationalistes ou de droite. Ses militants comptent parmi les plus radicaux et les plus déterminés à avoir participé aux manifestations de Kiev, et ils avaient organisé des brigades «d'auto-défense» pour protéger le camp des protestataires.

Le Kremlin a aussi déclaré que des citoyens russes qui ont voulu se rendre en Ukraine avaient été refoulés à la frontière par des agents ukrainiens.

Par ailleurs, le président Obama a déjà affirmé que le référendum sur l'indépendance de la Crimée serait une violation du droit international.

Il a tenté d'obtenir le soutien de la Chine et ainsi isoler la Russie dans son intervention militaire en Ukraine. Tard dimanche, le président s'est entretenu au téléphone avec son homologue chinois, Xi Jinping, dans ce qui serait leur première conversation depuis la prise de contrôle de la Crimée par l'armée russe.

M. Obama a tenté de convaincre Xi Jinping en évoquant l'opposition farouche et bien connue de la Chine face à toute intervention extérieure dans les affaires nationales d'un pays, selon un communiqué de la Maison-Blanche.

Le département d'État américain a aussi fait savoir qu'il attendait toujours une réponse de Moscou quant à son offre de négociation pour mettre fin à la crise en Ukraine.

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