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10/03/2014 07:30 EDT | Actualisé 10/05/2014 05:12 EDT

Droits de l'Homme en République centrafricaine: commission de l'ONU en marche

GENÈVE - Les membres d'une commission mandatée en décembre dernier par les Nations unies (ONU) pour enquêter sur les violations des droits de la personne commises depuis le début de l'année dernière en République centrafricaine entreprennent leurs travaux.

Ils ont notamment promis de se pencher sur des allégations de génocide.

Le président de la commission, le Camerounais Bernard Acho Muna, a dit s'inquiéter que la propagande haineuse utilisée autant par les chrétiens que par les musulmans ne viennent alimenter de nouvelles violences.

«Nous espérons que notre présence et que nos enquêtes empêcheront les auteurs de cette propagande d'agir», a-t-il dit.

La commission onusienne est composée de M. Muna — l'ancien procureur en chef adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda —, de l'ancien ministre adjoint des Affaires étrangères du Mexique, Jorge Castaneda, et de l'avocate mauritanienne Fatimata M'Baye, une spécialiste des droits de la personne.

Les trois devaient se rendre lundi à Bangui, la capitale centrafricaine.

Le haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme fournit une aide technique à la commission, dont la formation a été ordonnée en décembre par le Conseil de sécurité. Son mandat est de compiler de l'information et d'identifier les coupables, dans le but de les traduire en justice. M. Muna a indiqué que la commission présentera des rapports en juin et en décembre.

De nombreuses allégations de violations des droits de la personne circulent en République centrafricaine depuis que des violences ont provoqué des déplacements massifs de population, il y a un an. Près d'un million de personnes auraient fui leur foyer.

La Cour pénale internationale, à La Haye, a elle aussi lancé une enquête préliminaires alors que les affrontements entre chrétiens et musulmans se poursuivent. Le Conseil de sécurité étudie de son côté le déploiement, en République centrafricaine, de ce qui serait sa troisième force de maintien de la paix en importance, derrière celles du Soudan et du Congo.

M. Muna a déclaré que son expérience au Rwanda «démontre que le génocide commence toujours avec la propagande, pour convaincre la population que ce groupe est mauvais, qu'il est méchant (et) qu'il doit être éliminé».

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