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09/03/2014 01:04 EST | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Ukraine: 10.000 pro-russes dans la rue à Donetsk, Klitschko annule son meeting

Près de 10.000 manifestants pro-russes se sont rassemblés dimanche à Donetsk, fief russophone de l'Est de l'Ukraine, signant une nouvelle démonstration de force et contraignant le leader pro-européen Vitali Klitschko à annuler un meeting.

L'ex-champion de boxe, candidat à la présidentielle du 25 mai, avait expliqué à la presse après son arrivée dans ce fief du président déchu Viktor Ianoukovitch vouloir convaincre ses habitants de la nécessité de "rester unis" face aux "provocations" des séparatistes. Il avait dénoncé le "lavage de cerveaux" des médias russes et un afflux de Russes alimentant les manifestations hostiles au nouveau pouvoir à Kiev.

Les partisans d'un rattachement à Moscou du Donbass, bassin minier et industriel dont Donetsk est la capitale, ont afflué à partir de la mi-journée sur la place Lénine, où ils avaient déjà réuni la veille environ 2.000 personnes.

"Russie!", "Donetsk, ville russe", "Poutine président", a scandé la foule, qui brandissait des drapeaux russes et du parti communiste et a observé une minute de silence en l'honneur des policiers tués à Kiev lors d'affrontements avec des manifestants pro-européens.

"Nous ne voulons entrer ni dans l'Otan, ni dans l'Union européenne, nous ne soutenons pas le gouvernement à Kiev: personne ne les a élus, ils se sont désignés eux-mêmes", a tempêté Alexandre, un manifestant quadragénaire.

"Les gens se sont mobilisés à ce point parce que leur patience est à bout, l'Ukraine a été entraînée dans le jeu politico-économique de l'Europe et des Occidentaux", a déclaré à l'AFP Robert Donia, l'un des leaders du mouvement, promettant d'autres manifestations dans les jours à venir.

Après s'être rassemblés au pied de la statue de Lénine, les manifestants ont formé plusieurs cortèges arpentant les rues de Donetsk et hissant le drapeau russe sur le siège local des services de sécurité.

Face à ce déferlement, M. Klitschko a annulé le meeting qu'il avait prévu dans l'après-midi à quelques centaines de mètres de la place Lénine.

Comme plusieurs bastions industriels russophones de l'Est de l'Ukraine, Donetsk est agitée par des tensions séparatistes depuis la fuite en Russie de M. Ianoukovitch et l'arrivée au pouvoir à Kiev d'un gouvernement issu des rangs du mouvement pro-européen.

Des centaines de manifestants réclamant un rattachement à la Russie ont occupé pendant près de trois jours l'administration régionale, contestant l'autorité du gouverneur nommé par le nouveau pouvoir à Kiev, Serguiï Tarouta.

Après les avoir délogés jeudi au petit matin, les autorités ont procédé à l'arrestation de leur leader, Pavel Goubarev, patron trentenaire d'une agence locale de publicité proclamé par ses partisans "gouverneur populaire".

De leur côté, les partisans de l'unité de l'Ukraine ont préféré annuler la manifestation qu'ils comptaient tenir dans l'après-midi, se contentant d'un rassemblement d'une cinquantaine de personnes en matinée en marge d'une cérémonie en hommage poète ukrainien Taras Chevtchenko.

"Nous avons dit à nos opposants réunis au pied de la statue de Lénine: nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne sommes pas les ennemis de la Russie, vivons ensemble en paix. Qu'avons-nous reçu en échange? On nous a lancé des oeufs", a dénoncé Tatiana Zarovna, journaliste et militante pro-européenne, en référence à une manifestation la semaine dernière qui avait dégénéré en bagarre.

La fronde n'est pas restée limitée à Donetsk puisqu'à Lougansk, autre grande ville de l'Est, les manifestants pro-russes ont occupé le siège de l'administration régionale et demandé au gouverneur de démissionner, ont rapporté des médias locaux.

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