POLITIQUE
09/03/2014 03:33 EDT | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Pierre Karl Péladeau au PQ: concilier fortune et politique (VIDÉO)

Pierre Karl Péladeau devra abandonner la gestion de sa fortune - l'une des plus importantes au Québec - pour pouvoir siéger à l'Assemblée nationale et au conseil des ministres s'il est élu député du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Jérôme le 7 avril.

Un texte de Jérôme Labbé Twitter Courriel

L'article 18 du Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2012, prévoit notamment qu'un député ne peut avoir des intérêts dans une entreprise qui fait des affaires avec le gouvernement à moins que ses intérêts ne soient gérés par une fiducie sans droit de regard ou octroyés à un mandataire indépendant.

Les articles 45 et 46 du même Code obligent aussi les ministres du gouvernement à céder la gestion de toutes leurs actions à un fiduciaire ou un mandataire indépendant, ce à quoi s'est déjà engagé Pierre Karl Péladeau advenant son élection dans Saint-Jérôme.

En théorie, un ministre dispose de 60 jours suivant sa nomination pour se plier aux articles 45 et 46 du Code d'éthique.

D'autres règles à suivre

L'abandon du droit de gestion de ses finances personnelles ne constitue toutefois pas le seul geste à poser pour montrer patte blanche à l'Assemblée nationale.

En vertu de l'article 25, « un député qui, à l'égard d'une question dont l'Assemblée nationale ou une commission dont il est membre est saisie, a un intérêt personnel et financier [...] est tenu, s'il est présent, de déclarer publiquement et sans délai la nature de cet intérêt et de se retirer de la séance sans exercer son droit de vote ni participer aux débats sur cette question ».

L'article 49 contraint également les ministres à se retirer du cabinet lorsque des questions risquant de les placer en conflit d'intérêts sont soulevées.

D'homme d'affaires à politicien

Pour se porter candidat, M. Péladeau a quitté tous les postes de décideur économique qu'il occupait jusque-là, soit la présidence du conseil d'administration d'Hydro-Québec et la vice-présidence du conseil d'administration de Québecor. Il a également quitté les C. A. de Québecor Media et de Groupe TVA.

Ces démissions ne remettent toutefois pas en question la construction du nouvel amphithéâtre de Québec, un projet dans lequel Pierre Karl Péladeau s'est investi personnellement aux côtés du maire Régis Labeaume.

La Coalition avenir Québec craint par ailleurs que Pierre-Karl Péladeau ne continue d'exercer une influence indue auprès des médias de Québecor (TVA, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec) s'il accède au conseil des ministres dans un éventuel gouvernement péquiste. Son chef, François Legault, demande même à PKP de se départir de ses actions.

Selon le magazine Canadian Business, la fortune des frères Pierre Karl et Éric Péladeau valait 938 millions de dollars en 2013 et les plaçait au 86e rang des Canadiens les plus riches, 16e au Québec.

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