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09/03/2014 10:01 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Maaloula: Libération des religieuses emprisonnées par les rebelles (AFP)

Un groupe de religieuses capturées par les rebelles dans la ville syrienne de Maaloula en décembre dernier ont été libérées lundi matin à la suite d'une médiation libano-quatarie et remises aux autorités syriennes, selon un journaliste de l'AFP.

La libération a été obtenue en échange de la remise en liberté de 150 prisonnières détenues par le régime syrien, selon une organisation de défense des droits de l'Homme.

Les 13 religieuses et trois de leurs auxiliaires avaient été enlevées par les rebelles le 3 décembre dans leur couvent de Maaloula, localité chrétienne au nord de Damas. Elles étaient depuis détenues par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, à Yabroud, principale localité rebelle près de la frontière avec le Liban.

Elles sont arrivées à Jdaidet Yabous, poste-frontière syrien situé sur la frontière avec le Liban, après un éprouvant voyage de neuf heures qui les a conduites de Yabroud au Liban, puis de nouveau jusqu'en Syrie.

Selon un journaliste de l'AFP présent à Jdaidet Yabous, les religieuses étaient dans un état d'extrême fatigue, et deux d'entre elles ont dû être portées hors de la voiture qui les transportait.

"Nous voulons remercier Dieu, qui nous a permis d'être ici aujourd'hui", a déclaré une des religieuses à des journalistes à la frontière.

"Nous remercions le président Bachar al-Assad d'avoir été en contact avec l'Emir du Qatar (Tamim Bin Hamad al-Thani)", a-t-elle ajouté, incluant dans leurs remerciements "l'honnête médiateur Abbas Ibrahim", chef de la Sûreté générale du Liban.

La nonne, qui s'est exprimée assise, a déclaré que les 16 otages avaient été "bien" traitées au cours de leur captivité.

Le Front Al-Nosra "nous donnait tout ce qu'on demandait", et "personne ne nous a importunées", a-t-elle assuré, démentant des rumeurs selon lesquelles les ravisseurs auraient obligé les religieuses à ôter leurs croix.

Dans le même temps, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a déclaré que 150 prisonnières du régime syrien se trouvaient à bord de quatre bus à la frontière libano-syrienne après avoir été libérées en échange des religieuses.

"Une femme et ses quatre enfants qui étaient emprisonnés ont été libérés les premiers et ont atteint Yabroud", a déclaré le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahman, qui a qualifié cette première libération de "geste de bonne volonté" de la part de Damas.

"149 autres prisonnières se trouvent actuellement auprès de l'Agence générale de sûreté libanaise après avoir été libérées des geôles syriennes, selon l'accord", a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon l'agence nationale de presse libanaise, le chef de la Sûreté générale et médiateur-clef de cet échange, Abbas Ibrahim, a déclaré que "l'accord passé pour assurer la libération des nonnes de Maaloula impliquait la remise en liberté de plus de 150 personnes en échange".

Des dizaines de milliers de prisonniers sont détenus dans les geôles du régime de Damas, où la torture et les mauvais traitements sont systématiques, selon les groupes de défense des droits.

Les efforts de M. Ibrahim pour obtenir la libération des religieuses ont été secondés par le chef des renseignements du Qatar Ghanem al-Kubeissi, arrivé samedi au Liban.

Les deux hommes avaient déjà joué un rôle important dans la libération de pèlerins chiites libanais enlevés par les rebelles dans le nord de la Syrie en 2013.

Le Qatar est un des soutiens de la rébellion syrienne.

La localité de Maaloula, où les religieuses avaient été enlevées, est connue pour ses nombreuses églises et ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme. La majorité des habitants chrétiens de Maaloula sont grecs-catholiques et parlent l'araméen, la langue du Christ.

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