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09/03/2014 10:37 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Libye: forces déployées en mer pour empêcher une vente "illégale" de pétrole (gouvernement)

Des forces de la marine libyenne ont été déployées au large du port d'al-Sedra dans l'est du pays, pour empêcher un pétrolier battant pavillon nord-coréen de quitter les eaux territoriales avec une cargaison "illégale" de pétrole, a annoncé dimanche le gouvernement libyen.

Des rebelles autonomistes continuaient dimanche à charger du brut sur le pétrolier, ignorant les menaces des autorités qui dénoncent un "acte de piraterie", selon la compagnie nationale de pétrole (NOC).

"Des navires de la marine libyenne ont été déployés en mer. Le pétrolier ne peut plus partir, sinon il sera transformé en tas de ferraille", a déclaré le ministre de la Culture Al-Habib Al-Amin au cours d'une conférence de presse.

Le ministre de la Justice Salah al-Marghani a rappelé de son côté que le procureur général avait ordonné samedi l'arrestation de l'équipage du navire, espérant que l'opération puisse se dérouler, sans violences.

Des hommes armés, qui faisaient partie des gardes des installations pétrolières libyennes, s'étaient rebellés contre les autorités de transition, bloquant les terminaux depuis juillet 2013 et réclamant une autonomie de la région orientale au sein d'un système fédéral.

Agissant hors du cadre de l'Etat, ils ont entamé samedi l'opération de chargement de leur première cargaison de brut au port d'Al-Sedra, où le pétrolier battant pavillon nord-coréen "Morning Glory" s'est amarré samedi matin.

"Le navire est toujours dans le port. Le processus de chargement est en cours", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la NOC Mohamed al-Hrairi. Le chargement du pétrole devrait durer jusqu'à la fin de journée, le navire ayant une capacité de 300.000 à 350.000 barils, a-t-il précisé.

Le Premier ministre Ali Zeidan avait menacé samedi de bombarder le navire avant qu'il n'entre dans les eaux internationales.

Dimanche, le ministère de la Défense a ordonné au chef d'état-major, à la marine et aux forces de l'armée de l'air de "traiter avec ce pétrolier qui est entré dans les eaux libyennes sans accord préalable des autorités libyennes légitimes", selon l'agence officielle Lana.

Selon des sources militaires, l'objectif est d'intercepter le navire avant qu'il ne quitte les eaux libyennes.

Le gouvernement autoproclamé de la Cyrénaïque dans l'est libyen, bras politique de la rébellion a engagé un nouveau bras de fer avec le gouvernement en annonçant samedile début des exportations de brut depuis Al-Sedra.

Depuis juillet 2013, ces autonomistes bloquent des sites pétroliers dans l'est dont al-Sedra, suspendant les exportations de brut et privant ainsi le pays de sa principale source de revenus. Ce blocage a provoqué une chute de la production à 250.000 barils par jour, contre près de 1,5 million b/j auparavant.

Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011 après une rébellion de huit mois, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui empêchent tout essor économique.

bur-ila/sw

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