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09/03/2014 09:37 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Iatseniouk s'engage à ne pas céder un seul centimètre du territoire ukrainien

KIEV, Ukraine - Alors que le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé dimanche que la tenue d'un référendum en Crimée était en accord avec le droit international, le premier ministre de l'Ukraine, Arseni Iatseniouk, s'est engagé à ne jamais céder «un seul centimètre» du territoire national.

Le Kremlin a renforcé sa présence militaire en Crimée, une région ukrainienne depuis 1954, au cours du week-end tandis que les résidants prorusses continuent de faire pression en faveur d'une réunification avec la Russie. Un référendum sur la séparation de cette région a été annoncé par les autorités locales pour dimanche prochain.

Le président américain, Barack Obama, prévenait le 16 mars qu'un tel référendum constituerait une violation du droit international. Son homologue russe a toutefois réitéré son soutien au référendum dimanche lors de conversations téléphoniques avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, David Cameron.

D'importants parlementaires russes avaient déjà déclaré qu'ils appuieraient une telle mesure et ce, malgré les menaces de sanctions des États-Unis.

M. Iatseniouk a quant à lui annoncé, à la suite d'une réunion extraordinaire du gouvernement ukrainien, qu'il s'envolera vers les États-Unis cette semaine pour des discussions à haut niveau afin de «régler la situation en Ukraine», a rapporté l'agence Interfax.

L'Ukraine a commémoré dimanche le 200e anniversaire de la naissance d'un de ses plus grands poètes, Taras Chevtchenko. M. Iatseniouk en a profité pour lancer un plaidoyer nationaliste devant une foule réunie devant la statue du poète, à Kiev.

«C'est notre terre, a-t-il lancé. Nos pères et nos grands-pères ont versé leur sang pour cette terre. Nous ne céderons pas un seul centième de la terre ukrainienne. Que la Russie et son président le sachent».

«Nous sommes un pays, une famille. Nous nous tenons ensemble avec notre kobzar (barde) Taras, a renchéri le président intérimaire, Oleksandr Tourchinov.

Une chorale a chanté et des bouquets ont été déposés devant le monument de celui qui est considéré comme le père de la littérature ukrainienne moderne. M. Chevtchenko est un héros national.

La Crimée, une péninsule stratégique au sud-est de l'Ukraine, est devenue l'enjeu dans cette région. Le pays a traversé de nombreuses perturbations au cours des derniers mois. Cette tension a été provoquée par la décision du président déchu Victor Ianoukovich de renoncer à un traité économique avec l'Union européenne. Une majorité des Criméens s'identifie à la Russie. La flotte russe de la mer Noire est basée à Sébatopol, tout comme celle de l'Ukraine.

Dans la ville de Louhansk, non loin de la frontière avec la Russie, des Ukrainiens réunis sur une place publique pour souligner l'anniversaire du poète ont été attaqués par des militants prorusses et certains d'entre eux ont été battus, selon ce qu'ont rapporté des médias locaux.

À Simféropol, la capitale criméenne, plus de 4000 personnes ont manifesté en faveur de la réunification. À la place Lénine, une fanfare de la base navale a interprété des airs de la Deuxième guerre mondiale. Des dizaines de drapeaux russes flottaient au vent.

«Les Russes sont nos frères», a déclaré le président du parlement criméen, Vladimir Konstantinov. Le politicien a demandé de quel côté voteraient les manifestants. «Russie! Russie!», a répondu la foule.

«Nous retournons à la mère Patrie», a renchéri M. Konstantinov.

De l'autre côté de la ville, dans un parc où trône un bustier du poète Chevtchenko, quelque 500 personnes - dont certaines portaient les couleurs ukrainiennes -, ont manifesté contre la séparation de la Crimée. On ne rapporte cependant aucun affrontement avec des militants prorusses.

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