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09/03/2014 12:32 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Coup de tonnerre dans la campagne: Péladeau se porte candidat dans St-Jérôme

MONTRÉAL - Trois initiales, PKP, ont monopolisé toute l'attention de la cinquième journée de la campagne électorale, dimanche.

Le Parti québécois a fait retentir un coup de tonnerre en annonçant, dimanche, la candidature de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau dans la circonscription de Saint-Jérôme.

M. Péladeau a justifié son entrée en politique par la situation économique mondiale, plaidant qu'«il n'y avait pas de solution facile» au déséquilibre commercial du Québec, et qu'il «faudrait faire preuve d'audace» pour favoriser l'innovation et la productivité.

Il a également invoqué son «profond attachement» aux valeurs du parti, y compris l'indépendance du Québec, un objectif qu'il a mentionné à plusieurs reprises sous les applaudissements des nombreux militants rassemblés sur place.

M. Péladeau a annoncé qu'il avait démissionné de tous ses postes électifs — soit Québecor et Hydro-Québec —, avant de défendre «l'objectivité» des médias précédemment sous son contrôle.

L'écho du coup de tonnerre s'est fait entendre chez les adversaires du Parti québécois.

La porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, a été particulièrement virulente et s'est montrée ironique avec le fait que le PQ a annoncé la candidature de M. Péladeau quelques jours après avoir ouvertement courtisé les électeurs progressistes. La députée de Gouin a été très claire.

«Jamais, jamais, un député solidaire ne s'assoira à côté d'un PKP», a-t-elle dit.

Le ton était plus amer du côté de la Coalition avenir Québec.

Son chef François Legault, qui a reconnu avoir courtisé le nouveau candidat péquiste, a affirmé que Pierre Karl Péladeau sera «déçu» et qu'il «fait une erreur» en joignant les rangs du Parti québécois.

«Quand j'ai choisi d'aller au Parti québécois, un peu comme lui, je me disais: 'On va pouvoir relancer l'économie du Québec, on va pouvoir un petit peu mettre de côté les lobbys des syndicats (...) et moi j'ai été déçu», a-il raconté.

«Je me suis rendu compte qu'au Parti québécois, les réformes concernant les finances publiques et l'économie sont toutes prises en otage par un sujet: le référendum», a ajouté le chef de la CAQ.

De passage à Roberval, où il tentera de se faire élire le 7 avril, le chef libéral Philippe Couillard a tenté de minimiser l'importance de l'arrivée de Pierre Karl Péladeau.

«Les candidatures sont toutes bienvenues, a déclaré M. Couillard, sur place pour annoncer ses projets dans le secteur des redevances minières.

«C'est bien de se présenter en politique. Mais la candidature, quelle qu'elle soit, ne changera pas le débat. (...) Quelle que soit la candidature, cela ne change pas le message, cela ne change pas la question, jusqu'au 33e jour de la campagne.»

Il a assuré que sa stratégie n'allait pas changer non plus et qu'il allait «rester sur le même message».

L'annonce a aussi fait parler d'elle au-delà de la scène politique.

La Fédération des travailleuses et des travailleurs du Québec (FTQ) s'est dit «étonnée» par l'arrivée de M. Péladeau au sein du PQ.

Dans une déclaration écrite, la FTQ a rappelé que «le bilan de monsieur Péladeau en terme de relations de travail est une catastrophe pour les travailleurs du Québec. Elle s'est dit «convaincue qu'il ne s'agit pas d'un actif positif pour le Parti québécois».

Tout le monde en parle

Le secteur des médias aura décidément fait beaucoup parler de lui, dimanche. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de la candidature de Pierre Karl Péladeau, ce fut au tour de la populaire émission «Tout le monde en parle» de se retrouver sous les réflecteurs électoraux.

Son animateur, Guy A. Lepage, a même dû justifier la décision d'inviter la chef du Parti québécois, Pauline Marois, à l'émission qui sera diffusée le 6 avril, soit la veille du scrutin.

La proximité entre l'heure de diffusion de la populaire émission radio-canadienne et le scrutin a fait sourciller du côté des partis d'opposition, notamment dans le clan de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Dimanche matin, François Legault a déclaré que la visibilité dont profiterait Pauline Marois à quelques heures du jour J «pos(ait) problème». Il remettait en question la façon dont l'équipe de production envoyait les cartons d'invitation pour la grand-messe du dimanche soir.

Il aurait été «injuste» de changer le modus operandi cette fois, a plaidé Guy A. Lepage en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, en début de soirée, dimanche.

«Si on l'avait fait pour ce cas-là, là on aurait dérogé», a-t-il affirmé.

«On ne voulait pas décider nous-mêmes non plus, parce que là, on aurait pu parler d'interférence», a-t-il poursuivi.

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