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08/03/2014 01:19 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Pauline Marois accuse Philippe Couillard de se comporter comme un chef du PLC

MONTRÉAL - L'adoption de la plateforme électorale du Parti québécois a servi de tremplin à Pauline Marois pour critiquer son rival Philippe Couillard, qu'elle a accusé de se comporter comme s'il était à la tête du Parti libéral du Canada.

Parmi les chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) et du PQ qui se sont succédé à la tête de l'État québécois depuis la fin des années 1950, M. Couillard est le seul à ne pas avoir pris la défense des intérêts de la nation québécoise, a déclaré la chef péquiste dans un discours.

«Lesage l’a fait. Johnson, Bourassa, Lévesque, Parizeau, Bouchard, Landry et même Jean Charest. Ils ont tous défendu les intérêts de notre nation», a-t-elle dit devant 700 militants du Parti québécois réunis à Laval, samedi.

Selon la chef péquiste, M. Couillard a manqué à ses devoirs d'élu de l'Assemblée nationale.

«Je l’ai entendu défendre avec passion le Canada, la citoyenneté canadienne, a-t-elle dit. Mais pas une fois je n’ai entendu le nouveau chef libéral se battre avec la même passion, avec la même force, pour défendre les intérêts de la nation québécoise. Il pense, parle et agit comme un chef du Parti libéral du Canada.»

Place aux femmes

Lors des premières heures de ce quatrième jour de la campagne électorale, qui coïncidait avec la Journée internationale des femmes, la question de la parité homme-femme en politique s'est faufilée sous les feux de la rampe.

Philippe Couillard ne s'est pas engagé pas à renouveler l'exploit de son prédécesseur Jean Charest, qui avait formé le premier conseil des ministres comptant un nombre égal d'hommes et de femmes de l'histoire du Québec.

Il a plutôt promis de situer son cabinet dans la «zone paritaire», composée de 40 à 60 pour cent de femmes, s'il forme le gouvernement.

«La zone paritaire, c'est ce qu'on retrouve dans tous les organismes, partout, c'est le 40-60 (pour cent), a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il était entouré de plusieurs de ses candidates. Ce n'est pas notre invention, c'est un concept qui est très fermement implanté partout.»

Il a reconnu que son parti compte moins de candidates en proportion que d'autres partis nationaux. Le Parti libéral du Québec (PLQ) présente une équipe composée de 27 pour cent de femmes, par rapport à 39 pour cent au Parti québécois (PQ) et 48 pour cent à Québec solidaire, selon la compilation effectuée par Radio-Canada vendredi.

À ce sujet, la Coalition avenir Québec (CAQ) traîne encore plus de la patte à 23 pour cent.

Son chef, François Legault, écarte l'idée d'un conseil des ministres paritaire.

Il a fait valoir que les députés devraient être sélectionnés d'abord et avant tout en fonction de leurs compétences.

Interrogé sur la difficulté de son parti à recruter des candidates, M. Legault a reconnu que cela «restait un défi». Il a ensuite soutenu que l'élection de Pauline Marois, qui est devenue en 2012 la première femme à diriger le gouvernement du Québec, permettrait à beaucoup de femmes de s'intéresser à la politique.

Les commissions scolaires

M. Legault a par ailleurs ressorti, samedi, une promesse formulée lors de la campagne électorale de 2012: l'abolition des commissions scolaires. Selon lui, les directions d'école et les conseils d'établissement sont les mieux placés pour offrir les services directs aux élèves.

L'insistance des caquistes à abolir les commissions scolaires fait sourciller le leader libéral. «(Les commissions scolaires) sont une structure de proximité, notamment dans les régions. M. Legault manque de sensibilité envers la réalité régionale», a-t-il dit.

Le chef de la CAQ a toutefois abandonné deux éléments importants du volet éducation de son programme. Le parti renonce en effet à majorer le salaire des enseignants et à promouvoir l'idée d'un horaire de 9 h à 17 h dans les écoles.

François Legault estime ne pas disposer de la «marge de manoeuvre» nécessaire sur le plan financier pour respecter ces deux engagements. En entrevue avec La Presse Canadienne, au jour un de la campagne, il avait expliqué que le gouvernement n'en avait tout simplement plus les moyens en raison de la précarité des finances publiques.

Françoise David attaque Pauline Marois

La journée du 8 mars a aussi servi de prétexte à la porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, pour s'attaquer aux politiques sociales de Pauline Marois. Selon elle, les politiques péquistes minent l'égalité entre les hommes et les femmes.

Elle a énuméré une liste des décisions du dernier gouvernement qui ont nui, selon elle, aux femmes: coupe dans l'aide aux plus démunies, hausse des tarifs en garderie, la charte «qui exclura du marché du travail de nombreuses femmes».

Par ailleurs, Mme David a laissé entendre qu'elle souhaite que les électeurs de sa circonscription résistent à l'opération de charme de Pauline Marois.

Au cours des dernières heures, la chef péquiste a cherché à pousser les souverainistes de Gouin mais aussi ceux de Mercier et de Laurier-Dorion à se rallier derrière le Parti Québécois sous prétexte que cette formation est la seule à pouvoir mener à bien le projet d'indépendance.

Mme David n'a pas apprécié que la première ministre sortante joue dans ses plates-bandes et elle lui a reproché de moduler son discours en fonction de son auditoire.

«Lorsque Mme Marois va dans des comtés plus caquistes, elle parle beaucoup moins de souveraineté, et si elle parle aux électeurs et électrices de Gouin, elle parle de souveraineté» a-t-elle noté.

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