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08/03/2014 10:00 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Les Colombiens votent aux législatives,un scrutin crucial pour le processus de paix

Les Colombiens votent dimanche aux élections législatives, un scrutin crucial pour le processus de paix ouvert entre le gouvernement et la guérilla marxiste des Farc dans l'espoir de mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

Sauf surprise, le chef de l'Etat, Juan Manuel Santos, devrait maintenir sa majorité de centre-droit au Congrès avec son Parti de la U, le Parti Libéral et le Parti Changement radical, pour poursuivre les négociations avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), délocalisées depuis 16 mois à Cuba.

"Le prochain Congrès va avoir un rôle très important pour ce que vit le pays, entre autres, pour le processus de paix", a déclaré en fin de campagne le chef de l'Etat, candidat à un second mandat de quatre ans à la présidentielle en mai.

"Santos va conserver une majorité parlementaire qui va lui permettre d'avancer avec le processus de paix", a estimé auprès de l'AFP le politologue Miguel Garcia, co-directeur de l'Observatoire de la démocratie à l'Université Andes de Bogota.

Plus de 32 millions d'électeurs sont appelés à s'exprimer dans les urnes, ouvertes entre 8h00 et 16h00 (13h00 et 21h00 GMT), et renouveller le Congrès bicaméral, 102 sièges au Sénat et 166 à la Chambre des Réprésentants.

L'incertitude du scrutin tourne autour du score du prédecesseur de M. Santos, Alvaro Uribe, passé de l'allié à l'opposant le plus farouche aux pourparlers de paix avec les Farc qu'il a combattues entre 2002 et 2010.

- Pas de trêve -

Toujours populaire, l'ex-président conservateur s'est lancé depuis son fief de Medellin dans le course au Sénat avec son nouveau parti, le Centre démocratique.

Son intention affichée est de changer le cap des négociations et contrecarrer la réélection du chef de l'Etat qu'il qualifie de "traître". Toutefois, les derniers sondages créditent sa liste de 14%, un résultat loin de ses espérances.

"Uribe à titre individuel fera tout ce qui est possible pour être un obstacle. La question est de savoir jusqu'à quel point les élus du Centre démocratique serreront les rangs derrière lui", commente M. Garcia.

Dans une position inconfortable, souvent associés à la rébellion, les partis de gauche, critiques envers la politique gouvernementale mais favorables au processus de paix, ne devraient pas non plus être en mesure de vraiment troubler le jeu, selon les sondages.

Le nouveau Congrès aura pour tâche d'entériner les éventuels accords conclus avec la rébellion des Farc, fondée en 1964 et qui compte encore près de 8.000 combattants selon les autorités.

Plusieurs sujets s'annoncent sensibles, voire explosifs, comme la possibilité pour les ex-rebelles d'échapper à la prison, grâce à des suspensions de peines, et de participer à la vie politique.

Le conflit interne, qui a mêlé des guérillas, des milices paramilitaires et des bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de morts en près d'un demi-siècle.

Une liste qui continue de s'allonger car les pourparlers à La Havane ne s'accompagnent d'aucune trêve sur le terrain, une option exclue par M. Santos avant de parvenir à un accord final.

Les Farc, première guérilla devant celle de l'Armée de libération nationale (ELN, 2.500 combattants), ont écarté il y a quelques semaines tout cessez-le-feu unilatéral à l'occasion des élections.

Quelque 266.000 policiers et militaires ont été déployés dans l'ensemble du pays afin de veiller au bon déroulement du scrutin et plus de 300 candidats font l'objet de mesures de protection spéciales suite à des menaces.

Les conditions de sécurité sont " bien meilleures" que dans le passé, même si "elles ne sont pas encore parfaites", a indiqué Jose Antonio Viera-Gallo, responsable de la mission d'observateurs de l'Organisation des Etats Américains (OEA), qui a envoyé des délégués, outre à Bogota, dans cinq départements sensibles: Atlantico, Valle del Cauca, Antioquia et Santander.

Un rapport du médiateur national, appelé "Defenseur du peuple", a aussi tiré la sonnette d'alarme sur le climat de tension actuel, rapportant que les groupes illégaux exerçaient des pressions sur les électeurs dans un cinquième du territoire national.

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