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08/03/2014 08:26 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

La Russie aurait envoyé de nouveaux effectifs militaires en Crimée

KIEV, Ukraine - La Russie aurait renforcé sa présence militaire en Crimée, samedi, alors que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rejeté tout dialogue avec le nouveau gouvernement ukrainien.

Selon Vladislav Selezniov, un porte-parole des forces armées de l'Ukraine en sol criméen, des témoins ont rapporté avoir vu des navires amphibies décharger 200 véhicules militaires dans l'est de la péninsule vendredi soir après avoir vraisemblablement traversé le détroit de Kertch qui sépare la Crimée de la Russie.

Il a également révélé qu'un convoi de plus de 60 camions militaires ne portant aucune plaque d'immatriculation avait quitté la ville de Feodossia, dans l'est de la Crimée, pour se rendre à Simféropol, la capitale régionale.

Cette opération semble être l'un des plus importants mouvements de troupes russes depuis leur arrivée en Crimée il y a une semaine.

M. Selezniov a ajouté que, même si l'équipement et les soldats n'arboraient aucun signe pouvant les identifier comme étant russes, leur allégeance ne faisait aucun doute.

Le porte-parole a également raconté que plusieurs dizaines d'hommes armés avaient forcé l'entrée d'un entrepôt de l'armée ukrainienne, samedi.

Le Parlement de la Crimée a révélé, jeudi, qu'il tiendrait un référendum le 16 mars concernant sa décision de quitter l'Ukraine pour se joindre à la Russie. La majorité de ses habitants s'identifient davantage à la Russie qu'à l'Ukraine et des responsables à Moscou ont affirmé qu'ils soutiendraient le référendum.

Cette annonce a été dénoncée par le nouveau gouvernement ukrainien de même que par le président américain, Barack Obama, qui a affirmé que ce vote enfreignait le droit international.

Les États-Unis ont imposé, jeudi, leurs premières sanctions en réaction à l'occupation militaire russe en Crimée.

La Crimée est devenu le principal enjeu de la lutte pour le pouvoir en Ukraine, où trois mois de manifestations ont poussé l'ex-président Viktor Ianoukovitch à fuir en Russie.

Les pressions exercées par les États-Unis et l'Union européenne pour convaincre le Kremlin de négocier avec le nouveau gouvernement ukrainien se sont toutefois avérées vaines, Moscou ayant affirmé que le changement de pouvoir était en fait un «coup d'État anticonstitutionnel».

«Ce présumé gouvernement intérimaire n'est pas indépendant. Il repose, à notre plus grand regret, sur des nationalistes radicaux qui se sont emparés du pouvoir par les armes», a lancé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

Il n'en reste pas moins que le sous-ministre des Affaires étrangères de la Russie, Grigori Karasine, a rencontré samedi l'ambassadeur ukrainien Volodimir Ielchenko, ce qui constitue un premier contact entre les deux pays depuis le début de la crise.

Dans un communiqué laconique, le ministère russe s'est contenté de souligner que les représentants ont discuté des relations entre la Russie et l'Ukraine dans une «atmosphère sincère».

Par ailleurs, le ministre Lavrov s'est entretenu au téléphone avec le secrétaire d'État américain John Kerry, samedi, a indiqué un représentant américain sous couvert d'anonymat.

M. Kerry a insisté sur le fait que toute escalade ou provocation militaires en Crimée ou ailleurs en Ukraine, au même titre qu'une éventuelle annexion de la Crimée à la Russie, rendrait impossible toute démarche diplomatique.

Dans le même temps, les 54 membres de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont tenté à nouveau de se rendre en Crimée, samedi, mais des hommes armés les ont forcés à faire demi-tour à Armiansk.

À Simféropol, une trentaine d'hommes armés d'AK-47 et une vingtaine d'autres non armés ont prêtés serment à une première milice prorusse.

Le premier ministre de la Crimée, Sergueï Aksionov, était présent à la cérémonie et a expliqué que leur rôle serait, jusqu'à la tenue du référendum à tout le moins, de «préserver la paix». Il a également souligné que les militaires ayant plaidé allégeance à l'Ukraine n'étaient pas leurs ennemis.

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