POLITIQUE
07/03/2014 08:35 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014: Couillard fait miroiter 7 milliards $ d'investissements avec sa stratégie maritime

LÉVIS, Qc - Philippe Couillard a présenté vendredi l'héritage personnel qu'il veut laisser au Québec: sa stratégie maritime qui vise à générer des investissements de plus de 7 milliards $ et 30 000 emplois sur 15 ans.

Mais son plan repose sur la bonne volonté du fédéral qui serait sollicité pour 1,5 milliard $.

M. Couillard a dévoilé vendredi à Lévis les grandes lignes de sa stratégie maritime, un projet qui se veut presque de l'ampleur du Plan Nord que voulait léguer Jean Charest au Québec. Dans l'équipe libérale, on indique que la stratégie vise notamment à hausser le volume de marchandises transportées pour faire baisser les coûts de transport et rendre ainsi les entreprises québécoises plus concurrentielles. Et le moment est opportun, a assuré le chef libéral, parce qu'il faut profiter de l'élargissement du canal de Panama ainsi que de la toute nouvelle entente de libre-échange Canada-Union européenne.

Le projet de M. Couillard s'apparente étrangement au Projet Saint-Laurent lancé par le chef caquiste François Legault, qui vise entre autres à décontaminer des terrains de la Vallée du Saint-Laurent pour qu'ils accueillent les investissements privés d'entreprises.

Mais le chef libéral n'apprécie pas la comparaison, parce qu'il y a selon lui une «énorme» différence.

«Le plan de la CAQ, c'est de rétrécir nos horizons le long du Saint-Laurent, très près de Montréal et de Québec, a déclaré M. Couillard en conférence de presse en plein air, devant le fleuve. Nous, on s'ouvre sur le monde et on va exporter, puis on va chercher de l'activité économique partout au Québec. C'est une échelle totalement différente.»

Il dit vouloir léguer aux Québécois un projet qu'il va suivre «personnellement».

«Oui (c'est un héritage), c'est important pour moi, parce que je veux que le Québec aille au bout de ses possibilités et de ses rêves.»

Le chef libéral estime à 4 milliards $ les investissements privés que pourrait générer sa stratégie, en plus des 3 milliards $ d'argent public pour les infrastructures.

Mais il lui faut la collaboration d'Ottawa, qui a la mainmise sur la majorité des infrastructures portuaires, entre autres à Québec et à Montréal. M. Couillard compte sur le fédéral pour payer la moitié des 3 milliards $ de fonds publics prévus dans la stratégie. Il a assuré que le fédéral collaborera.

«On a eu des contacts avec des collègues des cabinets du fédéral. (...) Ce ne sont pas des projets imaginés. Chacun de ces projets a déjà fait l'objet d'études. (...) Je sais très bien que le fédéral est très intéressé à développer des corridors commerciaux. On les a informés (les gens du fédéral) de la stratégie.»

Du reste, dans le document fourni par le PLQ, on évoque aussi la somme de 4 milliards $ provenant des gouvernements, soit 1 milliard $ de plus, et on ne semblait pas trop savoir d'où allait venir cette autre somme.

Une bonne part de l'enveloppe du gouvernement québécois, 500 millions $, serait consacrée à la mise sur pied d'un pôle logistique dans Vaudreuil-Soulanges, une sorte de grand terminal-carrefour qui ferait un lien entre la Voie maritime, l'autoroute 30 et la Transcanadienne, ainsi qu'un noeud ferroviaire. Un autre milliard de dollars irait par ailleurs dans d'autres infrastructures, ports, routes d'accès, etc.

Le Parti libéral veut stimuler le transport fluvial, le cabotage, et encourager les chantiers maritimes québécois. Un crédit d'impôt de 50 millions $ est prévu pour la rénovation et le remplacement de navires.

Un gouvernement du Parti libéral voudrait aussi améliorer les services de traversiers et mettre en place un Bureau de l'offre touristique maritime. Un traversier verrait le jour entre Montréal et la Rive-Sud, au coût de 10 millions $ par année.

Il investirait également dans des instituts de recherche et le développement de technologies marines, pour favoriser la commercialisation de nouveaux produits.

Le chef du PLQ soutient aussi qu'il accompagnerait l'industrie de la pêche dans le développement de nouveaux produits destinés à l'exportation.

M. Couillard fait valoir que sa stratégie stimulerait ainsi le développement économique des régions côtières, en plus d'améliorer le bilan carbone du Québec, puisque le transport maritime est le mode de transport le plus écologique.

En matière d'environnement, il veut réserver 10 pour cent du territoire marin à des aires protégées. La première de ces aires se situerait autour des Îles-de-la-Madeleine et ferait 17 000 km carrés.

Le chef libéral se dit conscient des frictions que pourraient provoquer des projets pour des populations soucieuses de leur qualité de vie ou du respect de l'environnement. D'où se tenait la conférence de presse on pouvait d'ailleurs voir un grand silo blanc que le port de Québec a autorisé à ériger malgré l'opposition de riverains.

«C'est l'exemple de la nécessité de concertation. (..) Mais on veut de l'activité économique», s'est-il empressé d'ajouter.

Vendredi après-midi, Philippe Couillard est allé visiter les installations du Groupe Océan et un de ses navires, un remorqueur construit dans son chantier de l'Isle-aux-Coudres. L'entreprise, qui emploie 700 personnes, reçoit positivement le projet de stratégie maritime, a dit son directeur des affaires publiques et du développement des affaires, Philippe Filion. Il ne pouvait dire toutefois quel pourrait être l'impact de la stratégie sur le chiffre d'affaires.

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