NOUVELLES
07/03/2014 11:43 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Rio: manifestation de 500 éboueurs devant la mairie

Quelque 500 éboueurs ont manifesté pacifiquement vendredi matin devant la mairie de Rio de Janeiro pour revendiquer une revalorisation salariale en affichant leur intention de poursuivre leur grève entrée dans son septième jour.

Ce rassemblement, surveillé par des dizaines de policiers militaires (PM), regroupait davantage d'éboueurs que jeudi, alors que la ville commençait à être nettoyée des ordures qui ont encombré ses rues depuis samedi durant le Carnaval.

Les grévistes, qui s'estiment majoritaires parmi les 15.000 éboueurs de la ville, ont scandé notamment "l'éboueur s'est réveillé !", en référence au slogan "le géant (le Brésil) s'est réveillé !" entendu dans le soulèvement social monstre de juin 2013.

Ils ont aussi adressé leurs revendications à la compagnie municipale de nettoyage (Comlurb) qui les emploie sur l'air du refrain de l'école de samba Unidos da Tijuca chanté au Carnaval 2014, dont elle a été sacrée championne mercredi.

Après l'accord entre le syndicat et la Comlurb trouvé en début de semaine, avec les primes, le salaire mensuel est désormais de 1.224,70 reais (381,18 euros). La revendication des grévistes vise les 1.680 reais (522,89 euros).

Parmi les banderoles, on pouvait lire: "Le maire (Eduardo Paes) veut faire la Coupe; les éboueurs veulent faire leurs courses"; "Nous sommes traités comme des ordures!"; "Assez de lâcheté! Nous ne sommes pas des clowns!"

"Nous demandons un salaire digne qui nous permette de vivre, a expliqué à l'AFP Paulo da Silva, un des leaders officieux du mouvement informel. Le maire nous traite de vagabonds, de bandits, alors que durant six jours, il n'y a pas eu la moindre casse ni la moindre confrontation. Il croit que nous sommes encore les analphabètes d'auparavant mais nous sommes intelligents. Le maire préfère s'occuper de l'organisation de la Coupe du monde, c'est une honte !"

Eduardo Paes avait parlé mercredi soir de bus d'éboueurs interceptés par des hommes armés alors qu'ils se dirigeaient vers le Sambodrome, et a donné une escorte policière aux éboueurs pour que les grévistes ne les empêchent pas de travailler.

"On n'accepte pas la dictature de notre président et du syndicat, a aussi lancé un intervenant au micro. Cette lutte n'est pas une plaisanterie, elle n'est pas liée à un parti politique, et notre travail nous a conditionnés pour être prêts pour la bataille !"

ybl/ag/bir

PLUS:hp