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07/03/2014 10:44 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Pas de référendum en Crimée sans l'accord de l'Ukraine (Hollande)

Il ne peut y avoir de référendum sur l'avenir de la Crimée "sans que l'Ukraine elle-même n'ait décidé de l'organiser", a déclaré vendredi le président français François Hollande, rejetant ainsi la consultation annoncée pour le 16 mars par les partisans du rattachement de la péninsule à la Russie.

M. Hollande, qui recevait deux candidats à la présidence ukrainienne, l'ancien champion du monde de boxe poids-lourds Vitali Klitschko et l'homme d'affaires Petro Porochenko, a déploré la décision du "pseudo-Parlement" de Crimée de rattacher cette région à la Russie, et affirmé que "l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine ne peuvent pas se négocier".

Il a souligné qu'il s'agissait de la position de l'Union européenne et des Etats-Unis.

La réaction de l'Occident sera "graduée en fonction de la situation", a dit encore le président français, avant d'évoquer en termes généraux l'aide que le FMI et l'UE peuvent apporter à l'Ukraine.

M. Hollande, qui a évoqué les "liens historiques" de la Crimée avec la Russie et la large autonomie "déjà reconnue" de cette région russophone, a souligné que la porte restait ouverte au dialogue avec Moscou.

"Notre objectif, c'est aussi de laisser toujours ouverte la voie du dialogue de manière à ce que la Russie puisse saisir autant qu'il sera décidé à le faire - je parle ici du président (russe Vladimir) Poutine - la perche qui peut lui être tendue", a-t-il dit.

"Il y a toute la pression que nous devons exercer, mais aussi tout le dialogue que nous pouvons proposer", a ajouté le président français.

"Le cadre dans lequel la communauté internationale, l'Europe et la France, doivent travailler, c'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a-t-il insisté.

"Il y a beaucoup de pays qui peuvent s'inquiéter si était ouvert un précédent sur la remise en cause des frontières et de l'intégrité territoriale", a-t-il observé.

M. Porochenko, ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, a jugé que la crise "doit se régler par la voie politique et de la négociation, le préalable est le retrait complet de l'armée étrangère (russe, NDLR) et le repli sur ses bases".

Pour M. Porochenko, il faut "utiliser toutes les sanctions possibles pour sortir de la crise", dont "la solution ne se trouve ni à Kiev, ni en Crimée mais à Moscou".

"L'instabilité menace non seulement l'Ukraine, mais aussi toute la région", a estimé pour sa part M. Klitschko.

Par ailleurs, Paris a appelé au libre accès à la Crimée pour les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ceux-ci, qui tentaient vendredi pour la seconde fois en deux jours de pénétrer dans la péninsule, ont été bloqués par des hommes armés et ont fait demi-tour.

"Nous sommes préoccupés par le blocage des observateurs militaires de l'OSCE par les autorités de facto en Crimée. Nous souhaitons un libre accès pour ces observateurs, selon les règles élémentaires de base de l'OSCE. Si le blocage se poursuit, il y a une violation de ces règles", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal, lors d'un point de presse.

En Crimée, péninsule russophone du sud de l'Ukraine, des forces russes encerclent des bases militaires ukrainiennes. Le Parlement local, favorable à Moscou, a décidé de se séparer de Kiev et d'organiser le 16 mars un référendum de rattachement de la Crimée à la Russie.

Conquise par la Russie sur les Turcs à la fin du XVIIIe siècle, la Crimée a fait partie de la Russie jusqu'en 1954, date à laquelle elle a été rattachée, au sein de l'URSS, à l'Ukraine.

Elle abrite toujours la flotte russe de la mer Noire, dans le cadre d'accords entre Kiev et Moscou.

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