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07/03/2014 07:46 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Nigeria: l'opposition dévoile son programme en vue des élections générales de 2015

Le principal parti d'opposition nigérian a dévoilé jeudi sa feuille de route en vue des élections générales prévues dans le pays le plus peuplé d'Afrique en février 2015, accordant la priorité aux luttes contre la corruption et l'insécurité.

Le Congrès des Progressistes (APC), qui affrontera le Parti démocrate populaire (PDP) du président Goodluck Jonathan, a dévoilé son "plan de route pour un nouveau Nigeria" à l'issue de sa première conférence nationale à Abuja.

Parmi les dix points exposés, sont énoncés en priorité la lutte contre la corruption et contre l'insécurité et l'APC fait le voeu pieux de créer pas moins de sept millions de nouveaux emplois.

Le parti d'opposition promet aussi l'enseignement primaire et secondaire gratuit, des aides sociales pour les plus démunis, et une augmentation de la production "made in Nigeria", au niveau industriel, technologique et agricole.

Selon Lai Mohammed, le porte-parole de l'APC, ce programme, écrit suite à une étude d'opinion, représente "ce dont les Nigérians ont besoin".

Olisa Metuh, le porte-parole du PDP, rétorque quant à lui sur le site Internet du parti qu'il s'agit d'une "feuille de route pour l'anarchie".

"Le manifeste manque de caractère, de profondeur et ne résoud aucun problème", tranche-t-il.

Pour le professeur Nwolise Osisioma, qui enseigne les sciences politiques à l'université d'Ibadan (sud-ouest), la feuille de route de l'APC se démarque peu du régime actuel.

M. Osisioma dit ne pas voir "de différence entre l'APC et le PDP" d'un point de vue idéologique.

Les nombreux gouverneurs et députés passés récemment du PDP à l'APC sont bien la preuve que les deux partis "c'est bonnet blanc et blanc bonnet" selon M. Osisioma.

Le professeur Dapo Thomas, de l'Université de Lagos, considère pour sa part que ce programme est "louable" et que s'il était mis en place correctement, il pourrait "changer le destin du Nigeria".

- "Tolérance zéro" pour la corruption -

La corruption endémique et la mauvaise gestion sont des problèmes récurents au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, où la majorité des 170 millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Le président Jonathan a suspendu, le mois dernier, le gouverneur de la banque central Lamido Sanusi après que celui-ci a dénoncé le détournement de 20 milliards de dollars d'argent public par la compagnie pétrolière nationale.

Cette semaine, les Etats-Unis ont gelé 458 millions de dollars d'actifs appartenant à Sani Abacha, ancien dictateur militaire nigérian, et ses complices, cachés sur des comptes off-shore.

Ironie du sort: un hommage a été rendu à M. Abacha, décédé en 1998, par le président Jonathan, la semaine dernière.

L'APC a promis une "tolérance zéro" pour la corruption, et de ne faire aucune exception, même pour les plus puissants.

Un gouvernement plus transparent, plus de pouvoir aux instances chargées de faire respecter la loi, la saisie des actifs de toute personne suspectée de détenir "une fortune inexpliquée" font partie de l'attirail anti-corruption dévoilé par l'APC sur son site Internet.

- combattre l'insécurité -

Le Nord du Nigeria, à majorité musulmane, est la cible d'attaques sanglantes du groupe islamiste Boko Haram.

M. Jonathan est fortement critiqué pour ne pas avoir su mettre un terme aux violences dans cette région où plus de 500 personnes ont déjà trouvé la mort cette année dans des attaques, malgré la forte présence militaire.

L'APC dit vouloir mettre en place une brigade de lutte contre la criminalité, dotée d'un entrainement de haut niveau et d'un équipement de pointe pour lutter contre "le terrorisme et les affrontements ethno-religieux" et donner plus de pouvoir à la police locale.

Certains pensent cependant que la force seule ne pourra pas venir à bout des violences dans le Nord, où la pauvreté et le manque de développement économique nourrissent les problèmes sociaux.

phz-joa/cdc/jmc

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