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07/03/2014 08:43 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Mantha, un oil sur les pros. et vice versa!

Les succès d'Anthony Mantha ne passent pas inaperçus chez les Red Wings de Détroit. Une conversation avec Ken Holland permet de constater l'enthousiasme que suscite le Québécois dans l'organisation.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

D'entrée de jeu, Ken Holland est clair : c'est chez les professionnels que Mantha poursuivra son apprentissage l'an prochain. Et on raconte qu'on pourrait le voir à Détroit dès ce printemps, en cas d'élimination rapide des Foreurs de Val-d'Or.

« C'est le meilleur marqueur de la LHJMQ, il ne sera pas admissible au Championnat du monde junior et on aura le droit de l'envoyer dans la Ligue américaine. Quand sa saison sera terminée, ce sera le temps de relever un autre défi », assure Holland, directeur général des Wings, en entrevue à Radio-Canada Sports lors du dernier passage de son équipe à Montréal.

Holland n'exagère pas quand il parle du besoin d'un autre défi. Mantha est 1er dans la LHJMQ pour les buts (53) et les points (111), tout ça en 53 matchs. C'est sans oublier son passage au Championnat du monde junior, où ses 11 points lui ont valu le 3e rang du tournoi.

Bousculer la hiérarchie

Selon toutes vraisemblances, l'athlète réclamé au 20e rang l'an passé vivra ce nouveau défi à Grand Rapids, là où est établie la filiale des Wings. Et les plus cyniques ajouteraient qu'il y passera plusieurs longues saisons, dans une organisation qui a l'habitude de bien laisser ses prospects murir avant le grand rappel.

Mais quand on regarde les Red Wings de 2013-2014, et qu'on y voit un Tomas Jurco, 21 ans, s'installer, ou un Xavier Ouellet, 20 ans, rappelé pour trois matchs, on se demande si la philosophie de l'organisation n'est pas en train de prendre le bord.

« Ma politique n'a pas changé, mais les Red Wings ont changé, rappelle Holland. On n'est plus aussi expérimentés, on n'a plus la même profondeur. Mais ma philosophie est qu'on ne te fait pas jouer en raison de ton potentiel. Tu joues parce que tu as ravi un poste à un autre joueur. Si tu peux le faire, je me fous de ton âge. »

Tout en restant concentré sur les Foreurs, Mantha surveille du coin de l'oeil les Red Wings. À l'avant, l'équipe compte cinq joueurs qui pourraient devenir autonomes sans compensation l'été prochain. Autant de trous qui pourraient s'ouvrir dans la formation.

« Jiri Fischer (NDLR : directeur du développement des joueurs) m'a dit que cette année, c'était exceptionnel, raconte Mantha. Ils ont rappelé plusieurs recrues. L'an prochain, on ne sait pas ce qui peut arriver, si je ne leur donne pas le choix. Peut-être que le noyau changera. Jiri m'a dit d'être prêt pour l'an prochain. Mais pour l'instant, je me concentre à aider les Foreurs. »

En date de jeudi, la formation abitibienne présentait une fiche de 41-20-2, bonne pour le 5e rang du circuit Courteau. Bref, un long parcours en séries n'est pas à exclure.

Trois aspects à développer

« Il a marqué 50 buts, mais il y a des raisons pour lesquelles il a attendu au 20e rang », dit Holland, d'une honnêteté désarmante.

Mantha n'était donc pas un diamant déjà poli quand les Wings l'ont réclamé. Pour accélérer son chemin vers la LNH, il doit améliorer trois aspects de son jeu. D'abord, l'aspect défensif.

« Dans n'importe quel niveau, ils veulent un joueur fiable défensivement. Une erreur peut coûter un match, un championnat », récite Mantha, comme un élève qui a appris la leçon.

Sa force physique est un autre aspect à développer, et ce, même si la nature l'a doté d'un gabarit enviable, à 1,93 m (6 pi 4 po) et 93 kg (204 lb).

« Ça prend 2-3 ans, pas 2-3 mois, explique Holland. Les jeunes doivent devenir forts afin d'affronter des hommes. Si tu perds tes batailles, tu n'auras pas la rondelle, tu ne pourras pas foncer au filet. »

Et il y a bien sûr la combattivité, l'aspect de son jeu qui semblait le plus problématique l'an dernier, lorsque l'on sondait les recruteurs. Et c'est visiblement ce que Fischer tente de lui inculquer, lors de ses quelques passages au Québec pour l'épier.

« Ce sont essentiellement les mêmes discussions qu'au camp. Ils veulent que je m'applique à être combattif et à me replier », reconnaît Mantha.

S'il améliore suffisamment ces trois aspects, Mantha pourrait rendre le camp préparatoire des Red Wings intéressant. À l'entendre parler, Holland semble impatient de voir son premier choix dans la Ville de l'Automobile.

« On aime bien son développement, assure le DG. C'est difficile de trouver des joueurs de 6 pi 4 po qui ont de bonnes mains, le sens du hockey et qui peuvent marquer des buts. »

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