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07/03/2014 12:45 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Les Salvadoriens élisent leur président, la gauche favorite pour 5 ans de plus

Asphyxiés par la violence et la pauvreté, les Salvadoriens votent dimanche pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, pour lequel le candidat de l'ex-guérilla de gauche au pouvoir est donné favori par les enquêtes d'opinion.

Arrivée au pouvoir en 2009 avec un candidat modéré, le journaliste Mauricio Funes, premier président de gauche de l'histoire du pays, l'ancienne guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) place désormais ses espoirs dans l'ex-commandant guérillero Salvador Sanchez Cerén pour conserver cinq années de plus les rênes de ce petit pays d'Amérique centrale.

Agé de 69 ans, l'actuel vice-président ayant manqué d'un cheveu l'élection au premier tour affronte le maire de la capitale San Salvador, Norman Quijano, 67 ans, candidat sous l'étiquette de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena, droite), au pouvoir durant plus de 20 ans avant d'être défaite par le FMLN.

Les dernières enquêtes d'opinion, publiées il y a 10 jours, accordaient environ 55% des intentions de vote à M. Sanchez Cerén, avec 10 à 15 points d'avance sur son opposant.

Pendant la campagne, M. Cerén s'est engagé à poursuivre le programme anti-pauvreté de son prédécesseur et à faire de la probité une priorité de son mandat.

Il a aussi garanti à ses concitoyens la "tranquillité" face à la menace des groupes criminels et des "maras", gangs d'adolescents connus pour leurs nombreux tatouages qui sèment la terreur dans le pays.

Après sa défaite de 2009, l'Arena est elle demeurée divisée, au point d'expulser l'ancien président Antonio Saca (2004-2009), candidat cette année au nom d'une coalition de centre-droit qui a recueilli 11% des voix au premier tour, désormais l'objet de toutes les convoitises.

"Nous devons accorder de l'espace à nos alliés qui nous ont rejoints", a d'ailleurs concédé le candidat de gauche, promettant d'intégrer cette coalition dans son gouvernement en cas de victoire.

- 40% de pauvreté -

M. Quijano a opéré de son côté un recentrage de son discours dans l'entre deux tour, notamment sur le thème des gangs: partisan de la manière forte, il accusait le gouvernement de collusion avec les criminels pour maintenir la paix.

Le candidat de droite évoque désormais le Venezuela: "Le Salvador ne sera pas un autre Venezuela", clame-t-il notamment dans un spot de campagne montrant les manifestions en cours depuis un mois dans la rue vénézuélienne, contre le gouvernement du président Nicolas Maduro.

M. Quijano arrive toutefois au scrutin ébranlé par les révélations sur l'usage qu'a fait son conseiller politique l'ex-président Francisco Flores, ciblé par une enquête sur l'usage de 10 millions de dollars reçus du gouvernement de Taïwan sous son mandat (1999-2004).

A peine remis d'une violente guerre civile (1980-1992), le Salvador a subi de plein fouet le développement des "maras", dont on estime que 10.000 membres sont incarcérés, mais 50.000 toujours dans les rues.

Jeunes couverts de tatouages s'adonnant au racket, aux extorsions, aux trafics en tous genres, la trêve négociée entre leurs dirigeants depuis deux ans a cependant permis de faire chuter les meurtres de moitié (de 14 à moins de sept par jour, mais la criminalité perdure.

D'un côté, M. Cerén promet des programmes sociaux à destination des repentis quand M. Quijano affirme qu'"éliminer la délinquance est le plus urgent". Il a toutefois abandonné son slogan "Un pays sans gangs" et oriente désormais son discours sur la prévention et la réhabilitation plutôt que sur la "répression".

Le président qui prendre ses fonctions le 1er juin devra également redresser une économie en berne, avec une croissance de seulement 1,9% en 2013, dans un pays où la pauvreté touche 40% des 6,2 millions d'habitants, très dépendant des envois d'argent des Salvadoriens de l'étranger.

Dimanche, 4,9 millions d'électeurs sont convoqués, de 07H00 locales (13H00 GMT) à 17H00 locales (23H00 GMT), les premiers résultats étant attendus trois heures plus tard.

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