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07/03/2014 12:48 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Le monde de la culture envahit les rues de Madrid pour "un cri d'alarme"

Accompagnés d'un choeur de plus de 1.800 personnes, des milliers d'artistes se donnent rendez-vous dimanche à Madrid pour lancer "un cri d'alarme" face à "l'insoutenable" situation de la culture en Espagne, ont expliqué vendredi les organisateurs.

Il s'agit de montrer que "le monde de la culture a plus à offrir qu'une simple manifestation dans la rue", a affirmé à l'AFP Fernando Martin, porte-parole du "Collectif de défense de la Culture".

C'est le premier évènement organisé par ce collectif, né en octobre 2013 de l'union de plus de 100 associations "face à la situation insoutenable de la culture" en Espagne, qui a subi "des coupes sans pitié" du fait de la politique d'austérité du gouvernement, explique-t-il.

Dimanche, "nous allons tenter de battre le record de batteries jouant ensemble. Il y aura plus de 150 batteries, le record actuel, jouant en même temps dans la rue pendant 15 minutes", dit-il.

Des centaines d'artistes se succèderont ensuite sur 25 scènes installées dans la rue, en plein centre de Madrid, et dédiées à la musique, au théâtre, au cirque, à la danse ou encore à la littérature et au patrimoine.

En point d'orgue, le collectif a prévu que tous convergent vers une grande scène où un orchestre symphonique composé "d'un choeur principal de plus de 100 voix, accompagné de 1.800 voix", interprètera le Choeur des Esclaves du Nabucco de Giuseppe Verdi.

Un choeur "symbolique de la lutte pour la Culture", affirme Fernando Martin.

Comme de nombreux artistes, il dénonce un gouvernement "qui est le pire de tous" depuis l'après dictature franquiste (1936-1975).

"Nous avons un ministre absolument incapable" qui a permis l'imposition d'une TVA à 21%" depuis septembre 2012, pour la culture, "alors qu'elle est à 4% dans la majorité des pays civilisés", affirme-t-il.

Entre le début de la crise, en 2008, et 2012, le nombre de spectateurs allant voir des pièces de théâtre, des spectacles de danse ou d'opéra a plongé de 31% en Espagne, pour atteindre 13,4 millions, soit un niveau "inférieur à celui de 2002", selon un rapport de la Société générale des auteurs et éditeurs (Sgae).

Les recettes, surtout apportées par les salles de théâtre, ont plongé de 20% sur cette période.

Selon le président de l'Académie du Cinéma espagnol, Enrique Gonzalez Macho, la hausse de la TVA a aggravé la situation: 400 salles ont fermé dernièrement et les recettes du cinéma ont chuté de 16% en 2013, à 508 millions d'euros.

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