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07/03/2014 10:27 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Electricité: l'alerte provisoirement levée en Afrique du Sud

Après avoir procédé à des délestages dans tout le pays jeudi, la compagnie publique d'électricité sud-africaine Eskom a réussi à répondre à la demande vendredi mais prévenu que la situation resterait tendue la semaine prochaine.

"Nous avons levé l'état d'urgence énergétique et nous n'avons pas eu besoin de procéder à des délestages aujourd'hui" vendredi, a indiqué à l'AFP Tony Stott, un porte-parole d'Eskom.

La compagnie publique, qui tourne constamment à la limite de ses capacités, avait dû arrêter certaines centrales, les stocks de charbon les alimentant ayant été mouillés par des pluies aussi fortes qu'inhabituelles dans le Nord-Est.

"Le système reste très tendu. Le week-end devrait bien se passer, mais la semaine prochaine, la demande devrait remontrer fortement lundi matin. Nous verrons lundi matin, vers 06H00 (04H00 GMT), si nous devons déclarer un nouvel état d'urgence", a noté M. Stott.

"Nous espérons que nous n'aurons pas à faire ça. Nous espérons que les gens continueront à être prudents dans leur consommation d'électricité", a-t-il ajouté.

La météo prévoyant de nouvelles pluies sur le Nord-Est, les Sud-Africains, qui n'ont pas la culture des économies d'énergie, ont été appelés à éteindre les pompes de leurs piscines, les chauffe-eau et autres appareils non essentiels.

"Le risque de conditions d'urgence va perdurer jusqu'à la fin mars et en avril", jusqu'à l'arrivée de la saison sèche dans le Nord où sont situées la plupart des mines de charbon et des centrales thermiques sud-africaines, a noté lors d'une conférence de presse Brian Dames, le directeur général d'Eskom, qui fournit 95% de l'électricité du pays.

"Le planning est constamment dans le rouge, ce qui nous rend extrêmement vulnérable à tout événement imprévu", a-t-il ajouté.

Première puissance économique du continent, l'Afrique du Sud tourne depuis plusieurs années avec un réseau électrique à la limite de ses capacités, faute d'investissements suffisants alors que des millions de foyers ont été raccordés, notamment dans les zones rurales et les townships noirs privés de courant sous le régime ségrégationniste de l'apartheid.

Le pays avait connu de fort coûteux délestages en 2008, qui ont décidé les autorités à lancer un vaste plan de construction de nouvelles centrales et de rénovation des infrastructures existantes.

Mais ces travaux ont pris du retard, faisant vivre les Sud-Africains - régulièrement priés de couper l'air conditionné l'été et le chauffage l'hiver - sous la constante menace de coupures d'électricité.

liu/cpb/mba

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