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07/03/2014 08:54 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Élections 2014: Une «charte des contribuables» pour la CAQ (VIDÉO)

LAC-BEAUPORT, Qc - Une charte qui ne divise pas. C'est ce que propose François Legault en s'engageant à déposer comme premier projet de loi une «charte des contribuables» afin de protéger «ceux qui se lèvent tôt et qui font beaucoup d'efforts pour profiter du peu qu'il leur reste».

De passage dans une garderie privée subventionnée de Lac-Beauport, vendredi matin, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a levé le voile sur ce second engagement, poursuivant ainsi sa campagne de séduction auprès des familles de la classe moyenne.

La charte protégerait les contribuables «contre les gouvernements qui sont toujours de plus en plus gourmands» et qui ne cessent de «piger dans leurs poches».

«Actuellement, les familles du Québec, à chaque budget, se demandent ce qui va leur tomber sur la tête, a déploré M. Legault. On veut adopter des mesures législatives qui vont encadrer toutes les hausses d'impôts, de taxes et de tarifs» pour les quatre prochaines années.

Le projet de loi interdirait toute majoration excédant le taux d'inflation. Mais le chef caquiste ne s'est pas arrêté là: au lendemain de l'annonce d'une hausse de 4,3 pour cent des tarifs d'électricité, il a confirmé son intention de réduire de moitié cette augmentation pour la fixer à 2,2 pour cent.

L'esprit de «prévisibilité» de cette charte permettra d'éviter les chocs tarifaires, comme celui que représente l'augmentation des frais de garde — sous un gouvernement caquiste, ceux-ci passeraient à 7,10 $ la première année et à 7,20 $ la seconde, puis suivraient le cours de l'inflation.

La veille, le leader s'était engagé jeudi à donner aux familles de la classe moyenne un «break» de 1000 $ d'ici 2017-2018 grâce à une modernisation de l'État qui passe par l'abolition des taxes santé et scolaire, mais aussi par un gel de l'embauche dans la fonction publique administrative.

En début de campagne, François Legault avait promis de ne pas faire une campagne de distribution de bonbons. Il a nié que c'était ce à quoi il s'adonnait.

«Ce qu'on fait, contrairement aux deux autres partis, c'est que nous, on réduit les dépenses de l'État pour laisser plus d'argent dans les poches des contribuables», a-t-il fait valoir lors de la période de questions.

«Quand je dis des bonbons, a poursuivi le chef, c'est que les deux vieux partis, eux autres, annoncent des bonbons en annonçant des nouvelles dépenses du gouvernement.»

François Legault continue à se poser en champion de la défense des familles de la classe moyenne. Cette frange de l'électorat s'était avérée payante lors des dernières élections, à l'issue desquelles la CAQ avait remporté 19 sièges.

«On pense que c'est important de respecter les familles. C'est un manque de respect de la part de madame Marois et des vieux partis d'arriver avec des augmentations imprévues», a-t-il indiqué.

Que reste-t-il donc comme «clientèle» aux deux autres grands partis? «Le PQ veut un référendum sur la souveraineté, M. Couillard dit 'On est contre la souveraineté', donc, pour l'instant, c'est tout ce que j'ai entendu qui leur est particulier», a analysé M. Legault.

Contrairement aux deux autres partis, le rythme de croisière de la CAQ est plutôt tranquille, et aucun rassemblement militant n'a encore eu lieu.

François Legault a soutenu qu'il travaillait très fort de son côté, assuré qu'il ne s'agissait pas d'une question de manque de fonds et promis que des activités militantes étaient au programme, sans toutefois préciser à quel moment celles-ci se tiendraient.

Vendredi midi, la caravane caquiste a fait escale dans la circonscription de Trois-Rivières, où la lutte oppose la recrue péquiste Alexis Deschênes, le caquiste Diego Brunelle Diaz, le libéral Jean-Denis Girard et le solidaire Jean-Claude Landry.

En point de presse, le jeune aspirant de la CAQ a dû répondre à des allégations à l'effet qu'il aurait été impliqué dans une bagarre pendant une partie de hockey, ce qui aurait mené à son expulsion.

«C'était pas moi qui étais impliqué, c'était un ami en tant que tel (...) mais je veux préciser que je n'ai jamais été sorti. Allez voir, là, demandez des questions, là, je certifie que je n'ai jamais été sorti par rapport à ça à un match de hockey», s'est défendu M. Brunelle Diaz.

À l'instar de la vaste majorité des aspirants qui se présentent sous la bannière de la CAQ, les candidats caquistes de la région de la Mauricie qui entouraient François Legault à Trois-Rivières sont peu connus du grand public.

En revanche, de son côté, Pauline Marois a fait le plein de candidats dont la notoriété ne se dément pas.

Dans la seule journée de vendredi, elle a confirmé les candidatures de l'essayiste Djemila Benhabib, de l'ancienne présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, et de l'ex-leader étudiante Martine Desjardins.

En fin de journée, lors de son troisième point de presse de la journée, François Legault a indiqué qu'il n'était guère impressionné par les recrues de la première ministre, écorchant au passage les compétences de Mme Desjardins.

«J'aime bien les artistes, j'aime beaucoup les artistes, mais on a besoin de gens qui sont compétents pour créer des emplois actuellement», a-t-il lancé, assurant que c'était le cas des candidats qui composent son équipe.

«C'est pas Martine Desjardins qui va aider Nicolas Marceau à mieux comprendre les finances du Québec», a-t-il ensuite raillé lorsqu'il a été invité à commenter le passage de l'ancienne présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en politique active.

«Si les gens veulent élire des leaders étudiants, ben parfait! S'ils veulent un référendum, parfait! Qu'ils votent pour le PQ», a poursuivi le chef.

Sur le plan économique, le chef de la CAQ s'est désolé du fait que le Québec ait perdu 26 000 emplois en février, comme le démontrent les données rendues publiques vendredi par Statistique Canada.

«J'écoutais tantôt madame Marois, elle semble vraiment déconnectée; je pense que c'est la seule personne qui pense que ça va bien au Québec», a suggéré M. Legault.

Le chef n'a pu s'empêcher de décocher une flèche à l'endroit de son adversaire libéral Philippe Couillard, qui a levé le voile en matinée sur sa stratégie maritime.

Convaincu qu'il s'agit là d'un pastiche de son Projet Saint-Laurent, il a comparé son rival politique à «un étudiant qui n'a pas fait ses devoirs» et qui «copie sur l'étudiant qui est assis à côté».

La caravane caquiste a effectué une première escale à Montréal, vendredi, après avoir passé les deux premiers jours de la campagne dans la région de Québec.

François Legault a profité de ce passage dans la métropole pour tourner une publicité télévisée qui, a-t-il promis, fera réagir et surprendra dans les chaumières.

Les activités de la journée de samedi auront lieu dans la métropole. Le chef de la CAQ a promis une activité en soirée pour une première fois depuis le déclenchement de ces élections.

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