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06/03/2014 01:32 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Tunisie: nouvelles mesures de régulation pour les médias audiovisuels

L'instance de l'audiovisuel tunisien a annoncé jeudi de nouvelles mesures de régulation pour les médias audiovisuels, un secteur en pleine refonte depuis la révolution de janvier 2011.

La Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA) a présenté les cahiers des charges qui conditionneront dès leur publication dans le Journal officiel l'octroi des licences pour les radios et télévisions privées et associatives.

Il s'agit, selon l'instance, d'ouvrir la voie à "un paysage médiatique audiovisuel pluraliste, diversifié et équilibré".

Les personnes appartenant à un parti politique ne pourront ainsi pas obtenir de licence, selon les cahiers des charges publiés sur le site de la HAICA.

Le candidat, qui doit obligatoirement être de nationalité tunisienne, doit aussi s'engager à ce que le média ne soit pas dirigé par un membre ou un dirigeant d'un parti et "à garantir la transparence du financement".

Pour éviter une concentration des médias, une seule personne ne pourra obtenir de licence pour deux radios ou deux télévisions. Elle pourra en revanche cumuler une radio et une télévision.

Les cahiers des charges imposent également de partager équitablement le temps de parole entre les invités et de respecter la propriété intellectuelle.

Après plusieurs dépassements, les nouvelles règles intiment l'ordre de "ne pas diffuser de discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence" et d'"empêcher la diffusion de fausses informations ou d'accusations sans fondement".

Les cahiers des charges stipulent aussi "la protection des droits de la femme et la rupture avec les stéréotypes (sur les femmes) dans les médias" et la protection de l'enfance, ainsi que le "respect de la dignité de l'être humain, de la vie privée et de la liberté de culte".

La HAICA a récemment suspendu une émission pour un mois et imposé une amende de 200.000 dinars (près de 92.000 euros) à la chaîne qui l'a diffusée pour "atteinte à la dignité humaine".

Depuis 2011, la Tunisie connaît une explosion de la parole médiatique qui était bâillonnée sous le président Zine El Abidine Ben Ali, chassé par le soulèvement de décembre 2010-janvier 2011. Plusieurs radios et télévisions ont vu le jour après la révolution, dont beaucoup émettent aujourd'hui sans licence.

iba/hj

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