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06/03/2014 10:43 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Trois ans après la chute de Ben Ali, la Tunisie lève l'état d'urgence

La Tunisie a annoncé jeudi la levée de l'état d'urgence, une mesure décrétée en janvier 2011 par l'ex- président Zine El-Abidine Ben Ali dans le cadre du soulèvement populaire qui a éventuellement conduit à sa chute.

La décision, qui survient quelques semaines après que l'Assemblée nationale tunisienne eut approuvé une nouvelle Constitution, a été annoncée jeudi dans un communiqué du bureau du président Moncef Marzouki.

Elle est en fait entrée en vigueur mercredi, soit environ quatre mois plus tôt que prévu.

L'état d'urgence accordait des pouvoirs extraordinaires aux policiers et aux militaires au détriment de certaines libertés fondamentales. Les rassemblements de plus de trois personnes étaient interdits et un couvre-feu était en vigueur.

Ces mesures avaient cependant été assouplies au fil du temps.

« La levée de l'état d'urgence ne limite pas les capacités des services de sécurité chargés d'appliquer la loi et n'empêche pas de demander l'appui des forces militaires en cas de besoin », a indiqué le bureau du président Moncef Marzouki.

Elle « n'introduit pas de modification dans l'application des lois et des mesures en place dans le pays, y compris celles concernant les zones d'opérations militaires et les zones frontalières tampon », a-t-il expliqué.

Il s'agit d'une référence aux zones militaires spéciales mises en place en 2013, notamment aux frontières avec l'Algérie et la Libye, pour combattre des groupes armés associés à la mouvance jihadiste et des trafiquants d'armes.

La Tunisie avait connu une crise politique majeure en 2013. L'assassinat de deux opposants de gauche, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, a entraîné un bras de fer entre le gouvernement dirigé par le parti islamiste modéré Ennahda et des opposants, ce qui s'est traduit par une paralysie des institutions qui a duré plusieurs mois.

La crise a été dénouée grâce à un accord, conclu en décembre, qui s'est soldé par la démission du premier ministre Ali Laarayedh, issu du parti Ennahda, et son remplacement par Mehdi Jomaâ. Ce dernier dirige un gouvernement apolitique chargé de mener le pays vers les élections.

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