NOUVELLES
06/03/2014 03:24 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Le Parlement de Crimée réclame une annexion à la Russie

Le Parlement de la Crimée a adopté jeudi à l'unanimité une motion réclamant son annexion à la Russie. Un référendum sur la question doit avoir lieu le 16 mars.

Au cours de ce plébiscite, les citoyens de la petite république autonome devront décider s'ils souhaitent que la Crimée continue à faire partie de l'Ukraine, ou s'ils préfèrent un rattachement à la Russie, a annoncé jeudi le vice-premier ministre de Crimée, Roustam Temirgaliev.

Les membres du Parlement de Crimée pourraient aussi adopter sous peu la monnaie nationale russe, le rouble, a ajouté M. Temirgaliev.

Advenant une annexion à la Russie, le gouvernement criméen compte « nationaliser tous les biens d'État » de la région.

« Toutes les entreprises nationales ukrainiennes de Crimée seront nationalisées et deviendront propriété de la Crimée autonome », a déclaré le vice-premier ministre Roustam Temirgaliev.

Il n'a cependant pas précisé si ces « biens d'État » comprennent le matériel militaire et les bases ukrainiennes de Crimée qui sont assiégées, sinon complètement sous contrôle de forces armées prorusses depuis une semaine. Quant aux forces ukrainiennes, elles devront se rendre ou quitter le territoire, a décrété le vice-premier ministre Temirgaliev.

« Au bout d'un canon de fusil »

Réagissant à cette manoeuvre politique du Parlement de Crimée, le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, a déclaré que les autorités qui dirigent actuellement sont illégitimes, car ils agissent « au bout d'un canon de fusil ».

La péninsule de Crimée, qui est peuplée à 58 % de russophones, a été offerte en cadeau à l'Ukraine par la Russie en 1954, sous l'ère soviétique. Le reste de la population de Crimée, qui se chiffre à 2,3 millions d'habitants, se compose de 24 % d'Ukrainiens et de 12 % de Tatars, une ethnie locale déportée sous le régime stalinien.

Moscou courtise les Tatars

Selon Le Monde.fr, le gouvernement de Crimée a promis à la minorité tatare le droit de parler sa langue dans les écoles. Une promesse assortie d'une enveloppe de 18 millions d'euros (27 millions $ CAN) de la part de Moscou.

Gels de fonds et sanctions diplomatiques de l'Europe et Washington

Les États-Unis considèrent de leur côté que le référendum en Crimée sans consultation avec l'Ukraine est une violation du droit international.

Washington a décidé de geler les avoirs et d'imposer des restrictions de visas contre des responsables ukrainiens et russes qui, selon la Maison-Blanche, minent la paix, la sécurité et la stabilité en Ukraine.

De son côté, l'Union européenne a annoncé jeudi l'adoption de nouvelles sanctions contre les membres du gouvernement du président déchu de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch.

Les avoirs de l'ex-chef d'État ukrainien et de 17 autres personnes, dont l'ancien premier ministre Mikola Azarov, sont maintenant gelés sur tout le territoire de l'Union européenne.

Viktor Ianoukovitch et son gouvernement sont jugés responsables par l'UE du « détournement de fonds publics ukrainiens et de leur transfert illicite en dehors d'Ukraine. »

Le nouveau premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, estime que le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch a subtilisé près de 40 milliards de dollars de fonds publics en trois ans.

Mercredi, l'UE a par ailleurs annoncé le versement d'une aide de 11 milliards d'euros sur deux ans à l'Ukraine sous forme de dons et de prêts.

PLUS:rc