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06/03/2014 03:28 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Le paludisme migre à de plus hautes altitudes avec le réchauffement

Avec la montée des températures en altitude, des populations vivant dans des régions montagneuses en Amérique du Sud et en Afrique de l'Est sont plus touchées par le paludisme que dans le passé, montre une recherche publiée jeudi.

"La tendance est très claire et les conséquences du réchauffement entraîne une propagation du paludisme en altitude avec une augmentation croissante probable du nombre de cas dans l'avenir", affirme Mercedes Pascual, chercheuse à l'Université du Michigan (nord) qui a mené cette étude parue dans la revue américaine Science.

Une montée des températures est un facteur bien connu favorisant le développement du paludisme car les moustiques porteurs des parasites responsables de la maladie --Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax--, se multiplient davantage quand il fait plus chaud.

De plus, ces parasites développent leurs capacités infectieuses plus rapidement à des températures plus élevées, explique la scientifique.

Selon elle, sans davantage de mesures de contrôle, le changement climatique va augmenter le fardeau du paludisme surtout dans des régions à altitudes élevées avec une forte densité de population comme en Antioquia dans l'ouest de la Colombie et le centre de l'Éthiopie, où cette recherche a été effectuée.

Mercedes Pascual relève que la propagation du paludisme varie en fonction de nombreux facteurs. Outre la température, les précipitations, l'utilisation des terres, la résistance des parasites aux antipaludéens et les mesures de contrôle des moustiques jouent tous un rôle.

Il est de ce fait difficile d'isoler l'influence spécifique des températures pour affirmer que le réchauffement permettrait aux parasites de se propager dans de nouvelles zones.

Pour surmonter cette difficulté, ces chercheurs ont comparé l'évolution des cas de paludisme dans l'ouest de la Colombie de 1990 à 2005 et dans le centre de l'Éthiopie de 1993 à 2005.

Ils ont ensuite comparé le nombre de cas avec les fluctuations annuelles des températures moyennes dans ces régions. Ils concluent que le nombre de cas de paludisme augmente à des altitudes plus élevées durant les années les plus chaudes et diminue pendant les années les plus fraîches pour s'accroître dans les zones moins élevées.

L'impact du changement climatique sur le paludisme pourrait avoir d'importantes conséquences dans ces régions: 37 millions d'Éthiopiens vivent à des altitudes allant de 1.600 à 2.400 mètres, soulignent les auteurs de l'étude.

Dans une recherche précédente, ces mêmes chercheurs estimaient qu'en l'absence de mesures antipaludéennes, une augmentation d'un degré Celsius de la température pourrait se traduire par trois millions de cas supplémentaires de paludisme chez les moins de quinze ans en Ethiopie.

js/rap

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