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06/03/2014 08:57 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Le bateau chargé d'"armes iraniennes" et intercepté sera en Israël samedi (armée)

Le navire intercepté en mer Rouge transportant selon Israël des armes envoyées par l'Iran à Gaza est attendu samedi soir au port israélien d'Eilat, Téhéran ironisant sur l'"incroyable coïncidence" entre cet arraisonnement et le voyage américain du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Actuellement, ce navire qui transportait des dizaines de roquettes de type M-302 d'une portée de 150 à 200 km selon les modèles, se trouve à 100 km au nord de Port-Soudan et il doit arriver à Eilat samedi soir", a affirmé le porte-parole de l'armée israélienne, le général Motti Almoz.

"Une fois qu'il sera arrivé, nous allons vérifier si d'autres armes et munitions ne sont pas dissimulées dans ce navire", le Klos-C, battant pavillon panaméen, a-t-il ajouté.

Le chef du renseignement militaire israélien, le général Aviv Kochavi, a affirmé lors d'une conférence de presse que "ceux derrière cette affaire et qui l'ont conduite de bout en bout sont les Gardiens de la révolution (garde prétorienne de la République islamique, NDLR) et en particulier la Force Qods", leur unité chargée des opérations extérieures.

Selon le quotidien Maariv, qui ne cite pas ses sources, les missiles initialement découverts sur le navire sont d'une portée de 90 à 100 km, similaires à ceux tirés par le Hezbollah chiite libanais en 2006.

La cargaison est partie d'Iran il y a une dizaine de jours sur le Klos-C, à bord duquel 17 membres d'équipage turcs, azerbaïdjanais et géorgiens étaient détenus, ajoute le journal.

Selon Israël, le navire, arraisonné dans les eaux internationales entre le Soudan et l'Erythrée, transportait des dizaines de roquettes M-302 de fabrication syrienne qui devaient être débarquées à Port-Soudan, puis acheminées par voie terrestre vers la bande de Gaza via la péninsule égyptienne du Sinaï.

L'Iran a catégoriquement démenti ces accusations, son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif ironisant sur l'"incroyable coïncidence" entre l'opération et la visite aux Etats-Unis de M. Netanyahu, qui presse la communauté internationale de maintenir les sanctions contre Téhéran en raison de son programme nucléaire controversé.

- 'Pièces à conviction' -

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a également démenti jeudi dans une déclaration à l'AFP toute implication de Khartoum, de même que le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Jihad islamique, auquel les armes auraient été destinées.

"La décision de l'arraisonnement a été prise en fonction des conditions opérationnelles", a cependant assuré le général Almoz, réfutant les critiques de plusieurs commentateurs politiques sur le caractère très opportun de l'opération pour M. Netanyahu.

"Si nous étions cyniques, nous dirions que cela ne peut pas être une coïncidence, et que le jour et l'heure de l'opération ont été méticuleusement choisis pour le moment où le Premier ministre serait à Hollywood", persifle une analyste du Yediot Aharonot.

Elle fait écho aux préoccupations de ses collègues de la chaîne de télévision privée 10 sur les risques encourus par les commandos israéliens en raison de l'annonce de l'arraisonnement alors qu'ils se trouvaient encore à 1.500 km d'Israël.

"L'Iran n'a pas changé d'un iota sa politique agressive et il est vital pour nous d'empêcher ce régime terroriste d'acquérir des armes de mort massive. Ce régime ne doit pas être autorisé à avoir une capacité nucléaire militaire", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

"L'incident d'aujourd'hui montre pourquoi nous devons empêcher que cela arrive", a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec le gouverneur de Californie Jerry Brown.

Le correspondant militaire du Yediot relève pour sa part que "Netanyahu a demandé au Mossad (le renseignement israélien, NDLR) de fournir des pièces à conviction et le Mossad s'est exécuté: la capture du bateau d'armes montre le vrai visage de l'Iran souriant".

Mais, tout comme la plupart des analystes israéliens, il doute que cette opération suffise à convaincre la communauté internationale de se monter plus ferme envers l'Iran du président Hassan Rohani.

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