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06/03/2014 03:46 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

La Mauritanie adopte un plan pour l'éradication de l'esclavage (gouvernement)

La Mauritanie a adopté jeudi une "feuille de route" pour l'éradication de l'esclavage, élaborée avec l'appui de l'ONU pour lutter contre ce phénomène qui perdure malgré son interdiction officielle depuis plus de 30 ans, a annoncé le gouvernement.

"La feuille de route porte sur la mise en oeuvre de 29 recommandations touchant à des domaines juridiques, économiques et sociaux en vue d'élargir la lutte et la sensibilisation autour de l'éradication des séquelles de l'esclavage", déclare le gouvernement dans un communiqué transmis à l'AFP.

Selon ce texte, le plan a été élaboré sur la base de "recommandations" de la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage, Gulnara Shahinian, qui a bouclé le 27 février une visite de quatre jours dans le pays pour appuyer ce projet.

La feuille de route a été adoptée avec effet immédiat, a-t-on indiqué à l'AFP de source officielle.

Elle "donne une définition précise de l'esclavage, oblige les criminels à accorder des compensations financières aux victimes et accorde à ces dernières l'assistance judiciaire en cas de besoin", a précisé le ministre mauritanien de la Justice, Sidi Ould Zeine, au cours d'une conférence de presse jeudi à Nouakchott.

Selon lui, ce plan "s'inscrit dans le cadre d'efforts menés par le gouvernement mauritanien en application d'une panoplie de textes juridiques, judiciaires et constitutionnels criminalisant la pratique de l'esclavage" adoptés par le pays.

L'esclavage est officiellement interdit depuis 1981 en Mauritanie et depuis une réforme de la Constitution en 2012, sa pratique est considérée comme un crime. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d'esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison. Mais le phénomène perdure néanmoins.

Fin décembre, la Mauritanie a annoncé la création d'un tribunal spécial chargé de juger les crimes d'esclavage, qui relevaient jusqu'alors des tribunaux ordinaires. Neuf mois auparavant, elle avait mis en place une agence nationale chargée de financer des micro-projets en faveur des anciens esclaves.

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