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06/03/2014 10:54 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Journal Libération: le principal actionnaire veut "moins de journalistes"

Le journal français Libération doit se restructurer de manière "très conséquente" et "il y aura moins de journalistes", a annoncé jeudi Bruno Ledoux, son principal actionnaire.

En ce qui concerne le nombre de suppressions d'emplois éventuelles dans la rédaction, "cela dépend si les gens acceptent le projet multimedia", écrivant à la fois pour le papier, le web et d'autres rubriques que la leur, a-t-il ajouté lors d'une intervention à l'Institut européen de journalisme.

Le quotidien compte au total 290 salariés, dont 190 journalistes.

Les élus du personnel de Libération se sont dits "sidérés d'apprendre qu'+une restructuration très conséquente+ et une réduction d'effectifs avaient été annoncées par Bruno Ledoux, devant des étudiants, lors d'une master class organisée jeudi à Paris".

"Les communications sur l'avenir d'une entreprise doivent être faites devant les instances représentatives du personnel et les salariés concernés, et non à l'extérieur, ce qui constitue un délit d'entrave", ont-ils souligné dans un communiqué.

Le projet de Bruno Ledoux, qui détient 26% du quotidien, de créer un réseau social et de transformer le siège parisien de Libération en espace culturel, transférant la rédaction en banlieue, avait déjà déclenché la colère des salariés.

L'actionnaire a aussi affirmé vouloir boucler un tour de table d'environ 12 millions d'euros "en mars", avec l'appui de "trois ou quatre entrepreneurs français" qui n'ont pas jusqu'ici investi dans la presse.

Par ailleurs, le directeur adjoint de la rédaction de Libération, Sylvain Bourmeau, a annoncé sur Twitter qu'il quittait ses fonctions. Ce proche de l'ex-président du directoire Nicolas Demorand était arrivé en avril 2011, venant de Mediapart.

L'encadrement se vide dans le quotidien en crise : Nicolas Demorand a démissionné de Libération le 13 février et le coprésident Philippe Nicolas a été révoqué par les actionnaires le 19 février.

Le quotidien, fondé en 1973 par l'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre et reconnu pour sa liberté de ton au service d'un journalisme de combat, traverse la crise la plus grave de son histoire, provoquée par une importante chute de ses ventes et une panne critique de trésorerie.

Libération a diffusé en 2013 100.000 exemplaires par jour, 58.000 de moins qu'en 2003, selon les chiffres de l'association professionnelle de la presse (OJD). Son site internet gratuit reçoit en outre quatre millions de visiteurs quotidiens.

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