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06/03/2014 11:34 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Centrafrique: trois personnes tuées par des soldats tchadiens de la force africaine à Bangui

Trois personnes, dont un gendarme centrafricain, ont été tuées mercredi soir dans des heurts entre des soldats tchadiens de la force de l'Union africaine (Misca) et des habitants d'un quartier de Bangui, a-t-on appris jeudi auprès de la Misca.

"Des soldats tchadiens basés dans l'intérieur du pays sont venus se ravitailler (à Bangui). Mais au passage du (quartier) PK5, ils ont été pris à partie par des coups de feu et ont riposté", faisant trois morts, dont un lieutenant de gendarmerie centrafricain, et quatre blessés, a affirmé à l'AFP une source au sein de la Misca sous couvert d'anonymat.

Mais d'après une source sécuritaire centrafricaine, confortée par des témoignages d'habitants, les soldats tchadiens "ont été hués par les habitants et ils ont ouvert le feu" en premier, provoquant la colère de jeunes membres des milices anti-balaka, qui "ont aussitôt érigé des barricades sur la voie, incendié des pneus et tiré des coups de feu, provoquant la panique dans les 3e et 5e arrondissements de Bangui".

La source sécuritaire a également fait état de trois tués parmi les habitants du quartier PK5.

Selon la Misca, "des soldats burundais ont été déployés sur les lieux, où la tension a diminué" dans la soirée.

Des incidents surviennent régulièrement à Bangui entre milices anti-balaka et soldats tchadiens, accusés de complicité avec les ex-rebelles Séléka, dont certains sont originaires du Tchad et qui ont régné en maîtres sur le pays pendant huit mois.

Le cycle infernal des tueries interreligieuses en Centrafrique a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense à majorité chrétienne, les anti-balaka, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment, sans que la Misca et les soldats français déployés dans le pays ne parviennent à les en empêcher.

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