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06/03/2014 04:04 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Centrafrique: ensemble, ex-Séléka et anti-balaka se disent prêts à oeuvrer pour la paix

Le Premier ministre centrafricain de transition André Nzapayéké a réuni des responsables des milices anti-balaka et des ex-Séléka, qui se sont dits prêts à oeuvrer pour la paix en Centrafrique, a annoncé la radio d'Etat jeudi soir.

Cette rencontre a eu lieu la veille dans un hôtel de Bangui, à l'initiative du Premier ministre.

C'est la première fois que les autorités de transition réunissent autour d'une même table des ex-Séléka, rébellion à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir en mars 2013, et des anti-balaka, ces milices d'autodéfense à majorité chrétienne.

"Le Premier ministre nous a reçus pour voir avec nous, dirigeants ou responsables des anti-balaka et des ex-Séléka, comment sortir notre pays définitivement de ce cycle de violences", a déclaré Herbert Gontran Djono Ahaba, l'une des figures du mouvement Séléka, par ailleurs frère de l'ancien président démissionnaire Michel Djotodia et actuel ministre des Travaux publics.

"Nous lui avons dit que nous étions prêts à agir pour le retour de la paix", a-t-il assuré à la radio.

"Tous les jours, on continue de vivre des scènes de violences. Mais nous n'allons pas rester éternellement dans cette situation. Il est temps que tout cela s'arrête pour que nous puissions reconstruire notre pays", a ajouté M. Djono Ahaba.

Du côté des milices, "nous avons répondu à l'appel du Premier ministre et lui avons exprimé notre disponibilité à coopérer pour mettre un terme à la violence", a affirmé Joachim Kokaté, chef militaire et coordonnateur des anti-balaka, récemment nommé Conseiller à la Primature.

"Nous sommes prêts à oeuvrer pour que la paix revienne dans notre pays. Que les machettes ne soient plus utilisées par les anti-balaka pour tuer les musulmans, et que les musulmans n'utilisent pas les armes pour tirer sur leurs compatriotes", a-t-il ajouté.

André Nzapayéké avait entamé le 16 février des discussions avec des chefs militaires anti-balaka, qui s'étaient alors dits "prêts à coopérer".

Le cycle infernal des tueries interreligieuses en Centrafrique a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense anti-balaka, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment, sans que la Misca et les soldats français déployés dans le pays ne parviennent à les en empêcher.

acp/cl/aub

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