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06/03/2014 04:38 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Afghanistan: le frère de Karzaï se retire de la présidentielle

Le frère du président afghan Hamid Karzaï a annoncé jeudi son retrait de la course à la présidence et son ralliement à l'ancien ministre des Affaires étrangères Zalmaï Rassoul, qui, à un mois du premier tour, prend un peu plus l'habit de candidat du pouvoir sortant.

Ce premier tournant dans une campagne électorale jusque-là plutôt calme survient alors que cinq soldats afghans ont été tués dans la matinée par un tir fratricide de la force de l'Otan.

"J'annonce, avec mon équipe, mon soutien à M. Rassoul", a déclaré Qayum Karzaï lors d'une conférence de presse au côté de M. Rassoul, considéré comme un proche du président sortant.

"Désormais, nos deux équipes se battront côte à côte pour la victoire", a dit M. Rassoul, un des favoris du scrutin. "Si Dieu le veut, et avec le soutien du peuple afghan, je suis sûr que nous allons gagner".

Ce retrait, objet de nombreuses rumeurs ces derniers jours à Kaboul alors que les équipes des deux candidats étaient plongées dans d'intenses négociations, réduit à dix le nombre de prétendants à la succession du président Hamid Karzaï.

Ce dernier ne participera pas à l'élection du 5 avril car la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.

Frère aîné du chef de l'Etat afghan, Qayum Karzaï, 66 ans, est originaire de Kandahar, berceau des talibans dans le Sud. Homme d'affaires avisé mais personnalité politique peu charismatique, il avait lancé sa campagne en revendiquant l'héritage politique de son frère.

Le soutien de Qayum Karzaï renforce la candidature de M. Rassoul, vu par de nombreux observateurs comme le candidat naturel du président Karzaï, même si ce dernier a indiqué qu'il resterait neutre tout au long de la campagne.

- Rassoul, candidat du président -

Ce ralliement "est un signe que M. Rassoul est le choix préféré" du président, a déclaré à l'AFP Kate Clark du Réseau des analystes sur l'Afghanistan (AAN), notant que plusieurs proches de Hamid Karzaï soutiennent déjà M. Rassoul.

"J'avais invité (Qayum) à abandonner", a déclaré le président afghan à Colombo, au Sri Lanka. "Son retrait va contribuer à faciliter le processus électoral".

Parmi les autres favoris du scrutin figurent Ashraf Ghani, un économiste réputé, et Abdullah Abdullah, une figure de l'opposition arrivée en deuxième position lors de la présidentielle de 2009.

La présidentielle aura lieu alors que l'Afghanistan traverse une période d'incertitudes à l'approche du retrait des quelque 50.000 soldats de l'Otan, d'ici à la fin de l'année, qui fait craindre une flambée de violences.

Chassés du pouvoir en 2001, les rebelles islamistes sont les artisans d'une violente insurrection que douze ans d'intervention occidentale n'ont pas réussi à mater.

Désormais en première ligne face aux talibans, les forces afghanes, conséquentes (350.000 hommes) mais fragiles, paient un lourd tribut au conflit.

Jeudi matin, cinq soldats afghans ont été tués et huit autres blessés par un bombardement de la Force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) dans la province du Logar, au sud de Kaboul, selon les autorités locales.

Une porte-parole de l'Isaf a confirmé qu'au moins cinq soldats afghans avaient été "accidentellement tués" lors d'une opération de la coalition. "Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances qui ont entraîné ce malheureux incident".

La présidence afghane a de son côté appelé l'Isaf à apporter "toute la lumière" sur cette frappe.

"Comment l'Otan a-t-elle pu mener une opération qui s'est soldée par la mort de soldats afghans?", alors que l'armée afghane n'avait sollicité aucun soutien aérien de sa part, a interrogé le porte-parole du président Karzaï, Aimal Faizi.

La frappe aérienne a touché un poste militaire sur une colline du district de Charkh, selon un responsable local, Khalilullah Kamal, qui a affirmé que les soldats afghans avaient été victimes d'une "attaque de drones".

La mort des cinq soldats risque de crisper davantage les relations entre Kaboul et ses alliés de l'Otan, exaspérés par le refus du président Karzaï de signer le traité bilatéral de sécurité prévoyant le maintien de soldats américains sur le sol afghan après 2014.

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