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Turquie: Erdogan veut sévir contre une confrérie après le scrutin municipal

05/03/2014 03:46 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi son intention de passer à l'action après les élections municipales du 30 mars pour mettre hors d'état de nuire une confrérie religieuse qu'il accuse de vouloir saper son régime.

"Nous allons agir avec plusieurs mesures après les élections du 30 mars", a-t-il dit, cité par les médias, dans une première allusion directe à une prochaine action gouvernementale contre l'influent mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, son ex-allié installé aux Etats-Unis.

Sans dire comment il entendait procéder, M. Erdogan a évoqué un "nettoyage" de l'appareil d'Etat des adeptes de ce mouvement socio-religieux qu'il a accusé d'avoir ourdi un "coup d'Etat" contre son régime, au pouvoir depuis 2002.

M. Erdogan a déjà procédé à une purge massive au sein de la police et de la magistrature, où la confrérie jouissait d'une influence importante.

Le pouvoir a en outre fait passer une loi supprimant les écoles de soutien privée, manne financière de la confrérie qui est d'abord un réseau éducatif, à la tête de plusieurs milliers d'écoles.

"La question (de lutter contre la confrérie Gülen) est devenue maintenant une affaire d'Etat", a continué M. Erdogan en référence aux discussions tenues récemment au sujet du mouvement religieux lors de la dernière réunion du conseil national de sécurité (MGK), qui réunit les principaux responsables politiques et les chefs des services de sécurité et de l'armée.

La presse a vu dans cette réunion le signe du déclenchement imminent d'une offensive judiciaire contre cette "organisation parallèle" coupable, selon M. Erdogan, de l'avoir mis, ainsi que le président Abdullah Gül et de très nombreuses autres personnalités, sous écoute.

Le scrutin municipal aura valeur de test pour le gouvernement de M. Erdogan, secoué par un scandale de corruption sans précédent. Selon un dernier sondage de la société Sonar, le Parti de la justice et du développement (AKP) d'Erdogan est en baisse de popularité, aux alentours de 40%, alors qu'il avait obtenu près de 50% des suffrages aux dernières législatives de 2011.

Des dizaines de patrons, hommes d'affaires, élus et hauts fonctionnaires proches du régime ont été inculpés en décembre dans le cadre des enquêtes anti-corruption. Mais, à la faveur d'un changement des procureurs en charge des dossiers, tous les suspects incarcérés ont été remis en liberté la semaine dernière.

BA/ml

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