POLITIQUE
05/03/2014 01:44 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Pas d'élections au Québec sur le dos d'Ottawa, disent les conservateurs

CP

OTTAWA - Les conservateurs à Ottawa disent qu'ils ne se mêleront pas des élections au Québec — sauf si la campagne se fait sur le dos du gouvernement fédéral, préviennent-ils.

Et même si les troupes de Stephen Harper soutiennent qu'elles travailleront avec le parti élu, quel qu'il soit, un gouvernement péquiste majoritaire n'est pas l'option de choix.

«C'est loin d'être mon scénario rêvé, effectivement», a reconnu le ministre Christian Paradis.

Mais si le Parti québécois, une fois majoritaire, décide de réactiver le débat constitutionnel et remettre la question du référendum sur la souveraineté à l'avant-plan, le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu estime que cela «mettra du piquant dans la politique».

Les élections générales été déclenchées mercredi matin par la première ministre Pauline Marois.

Les conservateurs espèrent qu'il y sera question d'économie, et non pas uniquement de la charte québécoise des valeurs. Sinon, la campagne «sera à toutes fins pratiques inutile», juge le sénateur Boisvenu.

Et si un parti se sert de faussetés au sujet du gouvernement Harper pour mousser sa popularité auprès des Québécois, les conservateurs ne resteront pas passifs et vont immédiatement rectifier les faits, promettent-ils.

«S'il y a des questions par rapport au fédéralisme, on va intervenir», précise même le ministre Maxime Bernier.

Les conservateurs affirment toutefois ne pas vouloir se mêler directement de la campagne, puisqu'il s'agit d'une «affaire québécoise». Ils sont d'ailleurs très prudents et ne critiquent pas la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

Pas question non plus pour eux de spéculer sur le résultat de l'élection, ni sur la possible tenue d'un référendum si les péquistes sortent vainqueurs du scrutin. La plupart des conservateurs refusent de même d'émettre le moindre commentaire sur l'élection québécoise, semblant préférer éviter de se mettre les pieds dans les plats.

Sauf le ministre Bernier. Il croit que les partis fédéralistes au Québec «ont de bonnes chances de gagner». C'est d'ailleurs ce qu'il souhaite, dit-il, ajoutant qu'il ne votera pas pour le Parti québécois.

Comme le ministre Paradis, il souligne que ses militants ne recevront pas d'instructions de travailler à l'élection d'un gouvernement fédéraliste au Québec.

«Les gens sont libres mais je ne dicterai pas aux militants du Parti conservateur du Québec de travailler pour un parti ou un autre», a-t-il fait savoir.

Cette «non-ingérence» dans l'élection québécoise est aussi le mot d'ordre au Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Moi, j'ai l'intention de rester neutre. Je n'appuierai aucun, aucun parti lors de cette campagne-là. Bien, parce que j'attends le jour où il y aura un NPD au Québec», a indiqué le chef Thomas Mulcair.

Une position aussitôt critiquée par le Parti libéral du Canada, qui souhaite que les troupes de Philippe Couillard l'emportent.

«Je peux vous dire que nous étions énormément surpris, énormément surpris de voir M. Mulcair qui veut être premier ministre du Canada, ne pas être capable de dire qu'il appuie une option fédéraliste au Québec», a lancé le député libéral Dominic LeBlanc.

«Nos cousins du Parti libéral offrent pour les québécois la meilleure option en termes de regarder les vrais enjeux économiques, sociaux que beaucoup de Québécois partagent, mais nous allons laisser évidemment l'élection provinciale se faire», a-t-il dit.

Le Bloc québécois reçoit les promesses de neutralité des conservateurs avec circonspection.

«(Il faut) faire bien attention pour ne pas transgresser les règles électorales de Québec. On a vécu en 1995 des excès de ce côté-là. Ça a été documenté», rappelle le député bloquiste et candidat à la direction du parti André Bellavance.

Il note entre autres le cas de la publicité qui pourrait être détournée d'une certaine façon ou utilisée pour faire pencher le vote d'un côté plutôt que de l'autre. Les députés et militants bloquistes ne se gêneront toutefois pas pour faire du bénévolat afin de prêter main-forte à des collègues souverainistes au Québec, dit-il.

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