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Pakistan : Musharraf demande à nouveau de quitter le pays, ses avocats menacés

05/03/2014 03:04 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf, qui doit être inculpé la semaine prochaine pour trahison, a demandé une nouvelle fois mercredi à la justice de quitter le pays alors que ses avocats ont dit avoir reçu des menaces de mort.

Le "Général Musharraf", 70 ans, au pouvoir de 1999 à 2008, doit être inculpé le 11 mars prochain de "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan, pour avoir imposé l'état d'urgence et suspendu la Constitution en 2007.

L'ancien homme fort d'Islamabad a comparu pour la première fois le mois dernier devant un tribunal spécial dans cette affaire, après avoir échappé à de nombreuses convocations et demandé sans succès de quitter le pays.

Or mercredi ses avocats ont exhorté une nouvelle fois la cour à autoriser leur client, hospitalisé pour des problèmes coronariens, à voyager à l'étranger pour suivre des traitements et visiter sa mère malade âgée de 94 ans.

Les avocats de Pervez Musharraf ont aussi présenté une lettre manuscrite faisant état de menaces de mort à leur égard. "Nous vous demandons de cesser de représenter Musharraf sinon nous allons tuer vos enfants et vous décapiter", peut-on lire sur cette missive en ourdou consultée par l'AFP et signée "des personnes de Waziristan du Sud et du Nord".

Le Waziristan est une zone montagneuse nichée dans le nord-ouest du Pakistan, à la frontière de l'Afghanistan, qui sert de base arrière à de nombreux groupes islamistes armés opérant dans la région.

Il n'a pas été possible mercredi de vérifier l'authenticité de cette lettre présentée par les avocats de M. Musharraf, ennemi des talibans et d'Al-Qaïda pour avoir soutenu la guerre américaine "contre le terrorisme" et lancé un assaut meurtrier en 2007 contre la mosquée Rouge d'Islamabad où se réfugiaient des islamistes radicaux.

Lundi, onze personnes ont perdu la vie dans l'assaut, revendiqué par un nouveau groupe islamiste armé, d'un tribunal d'Islamabad, capitale en règle générale épargnée par les violences.

"Nous ne pouvons pas aller de l'avant avec cette affaire (de trahison) dans de tels conditions", a plaidé Ahmad Raza Kasuri, un des avocats de M. Musharraf.

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